Libre, l'Alexandre Dumas de Sylvain Ledda

Et si, tous, nous devions notre amour de la littérature à cet homme ? Alexandre Dumas (1802-1870), contemporain de Victor Hugo, est trop souvent associé à l'excès. D'où la légende. Force est de reconnaître qu'il s'en donna à coeur joie. Des Mousquetaires au Comte de Monte-Cristo sans oublier La Reine Margot (qui ont tous donné lieu à des adaptations cinématographiques plus ou moins réussies) il flirta avec la démesure. Car son oeuvre théâtrale est toute aussi fournie. 

Mais alors quel est ce diable d'homme ? 


Sylvain Ledda, dans cette biographie inédite, balaie les clichés. Il suit pas à pas cette existence hors du commun. Apothéoses, chutes, amours tumultueuses, etc. nourriront les fantasmes. Braises sur lesquelles Dumas lui-même soufflait un vent de soufre. Car Dumas vécut sa légende. Avec la distance nécessaire que lui apportait son humour féroce. Et ce don du sphinx à renaître dès que l'insuccès faisait crier aux foules qu'il était fini...


Ici et là, omniscient Dumas par la magie des Lettres. Tout se confond. Réalité et fiction s'interpénètrent. Il sera le fils d'un siècle de révolutions. Marqué par l'ère de Bonaparte devenu Napoléon ! Comme Hugo qui, malgré les divergences qui les opposent, restera son meilleur ami.


Hanté par l'Histoire, Dumas laissera la prophétie à Hugo pour se concentrer sur les états d'âme. Repoussant la limite des consciences. Son oeuvre excèdera les frontières de l'espace et du temps. 

Et laissera au lecteur heureux l'image du vie extraordinaire.


"Je refuse d'être l'esclave d'un appétit quel qu'il soit." 


Annabelle Hautecontre


Sylvain Ledda, Alexandre Dumas, Folio biographies – inédit –, octobre 2014, 368 p. - 8,90 euros

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1 commentaire

S'attaquer à la montagne Dumas par la face théâtre, comme le fait Sylvain Ledda (lui-même metteur en scène et spécialiste universitaire de la chose), est non seulement lui rendre ses premières gloires et le réinscrire dans l'histoire littéraire du genre, mais aussi éviter l'écueil de tous les nègres qui ont nourris sont oeuvres littéraire. Il évite ainsi la polémique Maquet, c'est très intelligent de sa part.