André du Bouchet ou l'étrange causeur

Les éditions Gallimard republient l’un des recueils majeur de Du Bouchet. Le titre souligne d'emblée à la composition d'un tel texte. Ce qui n'empêche rien la qualité première d'un tel poète qui reste toujours au coté de sa production poétique aussi théoricien qu'érudit.
Mais d'un écart à l'autre le texte tient et s'y retrouve l'essentiel d'un tel opus. La langue fait tout même si selon Du Bouchet rien ne dit :  … un mot sans support ne parle pas… (je suis moi-même ce mot / qui, une fois sur deux, n’a pas parlé… écrit-il ici. Mais l'auteur de fait offre un de ses propos – paradoxalement peut-être – le plus homogène (et il y tient beaucoup).
Mais la langue ici demeure essentielle. Dès lors le poète se veut, dans sa communication orale, muet, mais c'est dans l'écrit que des ombres parlent. Bref l'essentiel est dit. Avec volontaire componction seuls de rares mots ponctuent - non parfois il est vrai avec quelque chose qui tient de l'effet.

Jean-Paul Gavard-Perret

 André du Bouchet, L'incohérence, Gallimard, mars 2024, 240 p.-, 15€

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