Quoi de neuf ? Malraux

                   


 

On a (déjà ?) trop oublié comment Malraux a modifié dans ses livres (romans ou essais) la vision du monde et de l’art. Au-delà de certains textes de Sire et de circonstance où la pose joue un certain rôle il a voulu à la fois transcender et mettre en évidence les "misères à deux sous" (Chamfort)  de la tragédie humaine. Il a su gratter le vernis des images et ne s’est pas contenté de magnifier les contingences gaulliennes. Les éléments diégétiques - historiques ou autres -  tatouent en creux ses fictions et ses essais afin de suggérer l'infirmité et la dignité des hommes et l'infinitude des arts.

 

 

Sous la solennité apparente des ors des ministères et de ses discours, apparaît toujours le Malraux solitaire dont les mots sont induits en hommage à la valeur  des œuvres et des actes accomplis. Si  la solennité emphatique de quelques mouvements stylistiques demeurent en un culte de piété, très vite les romans, les pièces, les essais de Malraux - comme le prouve la sélection de cette édition hors numérotation de la Pléiade - créé des abîmes et des renaissances que la postmodernité semble avoir oublié.  A la situation d'extrême indigence de certains penseurs actuels Malraux reste pourtant le contrepoison.  Les Anglo-Saxons ont moins oublié que les Français  combien le lecteur pouvait se perdre dans un tel univers. Se perdre pour se retrouver.

 

Jean-Paul Gavard-Perret


André Malraux, « La condition humaine et autres écrits », La Pléiade, Gallimard, 2016.

 


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