Enormous, tome 1 : l'invasion

Sous l'effet d'un "endoparasitoïde très évolué", sorte de champignon parasite particulièrement mutant, des créatures jaillissent de terre et pulvérisent les principales villes américaines, dévorant les uns et piétinants les autres. L'armée semble impuissante, les armes traditionnelles sont inefficaces et les quelques commandos résistants sont décimés. Un petit groupe de survivant tente de s'organiser. Parmi lesquels Ellen Grace, figure centrale de l'album, qui après avoir échoué à sauver sa mère et son amie, va tenter de simplement sauver sa peau. 

Le scénario alterne habilement les scènes de dévastation et les scènes où des survivants s'organisent ou s'entretuent. Des indices sur l'origine de l'épidémie mutants sont disséminés, une première expérience sur des maïs transgéniques — avec pour but louable de nourrir la planète — puis, par la chaîne alimentaire, se propage et prend le contrôle des corps qu'il infecte, pour les lancer sur la race humaine comme à un fastueux banquet, comme si le but final de cette mutation était l'extermination de l'humanité, comme si la nature se vengeait !

Avec un style très photographique, les dessins sont incroyables de détails, on sent que Mehdi Cheggour s'est fait plaisir notamment dans les variations des créatures monstrueuses, issues de crocodiles, de chauve-souris, des insectes et d'autres plus végétales mais tout aussi dévastatrices. On regrettera cependant une manque d'émotion dans les figures humaines, et parfois quelques planches franchement ratées. 

Mêlant survival horror, gore et message écologiste, Enormous est un album très efficace, aussi puissants que les monstres qui le peuplent, et dont on se demande bien comment les rares rescapés pourront survivre dans le deuxième tome !



Loïc Di Stefano

Tim Daniel (scénario) et Mehdi Cheggour (dessin), Enormous, tome 1, Ankama, "Label 619", janvier 2017, 192 pages, 15,90 eur

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