Ninjak, tome 1 – L’Armurerie

Ninjak, de son vrai Colin King, est le plus grand espion de la Terre, un spécialiste de l’infiltration, un expert en arts martiaux, et un spécialiste des gadgets.
Le passé : on missionne Ninjak en Russie pour libérer l’agent Roku, une guerrière dotée de pouvoirs surhumains : ses longs cheveux roux sont tranchants comme des lames de rasoir.
De nos jours, Ninjak est envoyé au Japon arrêter Kannon, un des sept grands chefs de « L’Armurerie », une organisation criminelle internationale. Pour s’infiltrer dans le gang de Kannon, Ninjak doit subir plusieurs épreuves. Mais il va rapidement découvrir que Kannon a un sbire des plus redoutables, Roku…

 

Comme note d’intention, le scénariste Matt Kindt fait démarrer Ninjak par une référence à Zatoichi, une série de films japonais dont le héros est un sabreur aveugle et itinérant qui défend la veuve et l’orphelin. Un choix judicieux, puisque son Ninjak va évidemment proposer son lot de scènes de combat. Mais Matt Kindt injecte dans son histoire d’autres éléments caractéristiques de la saga James Bond ou de la série tv Mission : Impossible : grand méchant monstrueux, sbire aux capacités hors norme, organisation criminelle, MI-6, infiltration sur le fil du rasoir, gadgets sophistiqués, masques, séduction, etc.

 

On savait que Matt Kindt aimait jouer avec les lignes temporelles (lire le tome 1 de Divinity), et il n’hésite pas à développer une intrigue qui s’étend ici sur trois périodes : l’enfance de Colin King, ses premiers pas au MI-6, et sa mission actuelle. Matt Kindt évite ainsi habilement d’écrire une origin story, puisque le lecteur apprend au fur et à mesure les informations dont il a besoin pour comprendre tous les tenants et aboutissants de l’intrigue. J’ai beaucoup aimé sa manière de raconter les débuts de King au MI-6 via des back-up, de courtes histoires situées à la fin de chaque épisode. Ça réactive une manière de procéder qu’on voit peu ces temps-ci dans les comic-books.

 

Aux crayons, ce sont principalement deux artistes qui se chargent de mettre en planches les aventures du super-espion de Valiant. On connaît Clay Mann pour son travail chez Marvel notamment (et principalement dans l’univers des mutants X-Men). Avec un style réaliste, il parvient à injecter beaucoup de dynamisme dans sa mise en scène, et les combats de Roku ont quelque chose de très cinématographique avec ses longs cheveux rouges mortels. De son côté, Butch Guice (Captain America) se charge des fameux back-up et là encore, son style convient bien à ces histoires se déroulant dans le passé, plus orientées espionnage qu’action. À noter le travail de l’espagnol Juan José Ryp (Black Summer, No Hero), qui m’a fait une très belle impression le temps d’un flashback dans le passé de Roku.

 

Nouveau venu sur le marché français des comics-books, l’éditeur Bliss Comics continue de nous offrir le meilleur de l’univers Valiant. Ninjak aurait pu n’être qu’un titre décérébré bourré d’action. C’était sans compter Matt Kindt qui écrit une histoire mariant allègrement arts martiaux et espionnage à la 007. Et puis, Ninjak, c’est le super-espion qu’on a tous envie d’être : il est élégant, riche et règle tous ses problèmes avec une bad ass attitude d’enfer. Et inutile d’avoir lu d’autres séries Valiant, le plaisir est immédiat, même pour les néophytes. Ajoutez-y les dessins réussis de Clay Mann et Butch Guice, et vous obtenez un titre solide. On a hâte de lire la suite de sa mission dans le tome 2.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Matt Kindt (scénario), Clay Mann et Butch Guice (dessin)

Ninjak, tome 1 – L’Armurerie

Édité en France par Bliss Comics (8 septembre 2016)

Traduit par Mathieu Auverdin

176 pages couleurs, papier glacé, couverture cartonnée

10,00 euros (prix de lancement jusqu’au 31/12/2006)

ISBN : 9782375780604

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