Biographies d'écrivains de tous temps et de tous pays.

Massillon : Biographie

Vie et œuvre de Jean-Baptiste Massillon (1663-1742).

Jean-Baptiste Massillon, qui succéda à Bourdaloue dans la chaire de Versailles, est né à Hyères, le 24 juin 1663. Dans son enfance, un de ses plaisirs favoris était de ranger autour de lui ses petits compagnons, et de leur répéter les sermons qu'il avait entendus, animant son débit des grâces naturelles de ses gestes et de sa voix.


 

Entré de bonne heure dans la congrégation de l'Oratoire, Massillon répondit à ce qu'avaient fait espérer ses premières années. Sa réputation s'étendit au loin, et le jeune religieux, craignant les pièges tendus à son humilité, alla s'ensevelir au monastère de Sept-Fons. La volonté de ses supérieurs l'en retira pour l'employer au ministère de la parole. Massillon fut nommé prédicateur de la cour pour l'Avent de 1699 ; le sermon qu'il y prononça Ie jour de la Toussaint est resté un des chefs-d’œuvre de l'éloquence moderne. C'est après cette station que Louis XIV dit à l’orateur, en présence des courtisans : « Mon père, j'ai entendu plusieurs grands prédicateurs dans ma chapelle, j’en ai été fort content ; pour vous, toutes les fois que je vous ai entendu, j’ai été très mécontent de moi-même. »

 

Les succès de Massillon lui suscitèrent des envieux, et le roi, qui jusque-là avait écouté avec plaisir ce doux Massillon que le ciel lui avait réservé dans ses revers, l'exila de la cour ; il n'y reparut qu'en 1715, pour payer à la mémoire de Louis XIV, les derniers tributs de la France. C'est là que, promenant les yeux sur l'assemblée en deuil, puis les ramenant sur le mausolée élevé au milieu du temple, après quelques moments de silence, l'orateur s'écria : « Dieu seul est grand, mes frères ! » C'était une belle parole devant le cercueil de Louis le Grand.

 

En 1717, le Régent, qui admirait le talent de Massillon, le nomma à l'évêché de Clermont ; mais avant le départ du nouveau prélat, il voulut que la cour l'entendît encore, et le chargea, pour l'année suivante, de prêcher le Carême devant le roi Louis XV, âgé de neuf ans. Pour ne pas fatiguer son jeune auditeur, Massillon se borna à un sermon par semaine, ce qui a fait donner à cette station le nom de Petit Carême ; elle ouvrit à l'orateur, les portes de l'Académie.

 

Outre l'Avent, le Grand et le Petit Carême, on distingue encore parmi les ouvrages de Massillon, plusieurs Oraisons funèbres et Panégyriques, des Conférences et plus de cent Sermons. C'est à Saint-Eustache qu'il prêcha le sermon sur le petit nombre des élus, dont la péroraison produisit un tel effet que tout l'auditoire se leva dans un commun saisissement.

 

Massillon est élégant, harmonieux : La Harpe l'a surnommé le Racine de la chaire et Ie Cicéron de la France.

 

[Histoire littéraire, imp. de L. Odieuvre, 1897]

 

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