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Biographies d'écrivains de tous temps et de tous pays. 

Biographie : Léon Bloy

il y a 43 mois Suivre (1) · Utile  (2) · Commenter


Le pèlerin de la parole

 

Toujours à la recherche de citations confirmant ses hypothèses, le critique est souvent dévoyé par des éléments extérieurs au texte de l'auteur, aux pistes qu'il ouvre au lecteur. Et si, de temps en temps, il y en a qui ouvrent les yeux, l'incompréhension est difficile à dépasser. Un cas exemplaire est celui de Léon Bloy. Comment le considérer, dans la réalité de ses textes ? Qui est, somme toute, de nos jours, cet écrivain ?

 

 

Le poète

 

Quelques repères biographiques essentiels. Léon Bloy naît à Fénestreau, un faubourg de Périgueux, le 11 novembre 1846. Après des études irrégulières, en 1869 il a une conversion foudroyante. En 1870, il participe à la guerre franco-allemande. Démobilisé, il lutte contre la Commune, sans combattre. En 1873, il retourne définitivement à Paris, où, entre journalisme et littérature, il se lie à différents grands écrivains de l'époque, avec lesquels souvent il se brouille. Il mène une vie de misère et de désespéré. En 1890, il épouse une jeune danoise, Jeanne Molbech. Parmi ses livres les plus importants, nous pouvons retenir: les romans Le désespéré et La femme pauvre, les recueils de contes Sueur de sang et Histoires désobligeantes, le célèbre Journal. Il meurt à Bourg-la-Reine le 3 novembre 1917.

 

Dans ma Situation des études bloyennes, il y a trente-trois ans, et surtout, récemment, dans mon Autobiographie de la douleur. Léon Bloy écrivain et critique (1), j'ai déjà tenté d'indiquer une piste, celle qui me semblait la plus appropriée à la lecture de Léon Bloy. À cette occasion, je désire la signaler à nouveau avec force, pour réaffirmer qu'il est un poète, rien qu'un poète, et que c'est là son véritable « secret ».

 

Léon Bloy, comme d'habitude est bien clair. Il suffit de le lire, pour donner une substance réelle à ma thèse. Le 1er septembre 1833, il écrit : « Poète, je t'aveuglerai parce que je suis la Foi; je te désespérerai parce que je suis l'Espérance; je te dévorerai parce que je suis la Charité, je t'accroupirai dans la fange parce que je suis la Pureté même, je t'inonderai de ténèbres parce que je suis la Lumière. » (2) En janvier 1884, il souligne: « Je suis escorté de quelqu'un qui me chuchote sans cesse que la vie bien entendue doit être une continuelle persécution, tout vaillant homme un persécuteur, et que c'est là la seule manière d'être vraiment poète. Persécuteur de soi-même, persécuteur du genre humain, persécuteur de Dieu. » (3)

 

Mais c'est surtout à la fin de sa vie, en cette tragique année 1915, que Bloy affirme avec une clarté solaire qu'il est un poète : « On a souvent parlé de mes livres, mais personne n'a dit que je suis un poète, rien qu'un poète, que je vois les hommes et les choses en poète comique ou tragique, et que, par là, tous mes livres sont expliqués. » (4)

 

En face de ces affirmations si nettes, qui se révèlent d'une exactitude exemplaire à toute analyse non déviante, quelle est la situation de la critique ? Déjà, en 1897, Maeterlinck laisse entrevoir le poète chez Bloy, en lui écrivant que La femme pauvre est « la seule des œuvres de ces jours où il y ait des marques évidentes de génie, si, par génie, l'on entend certains éclairs en profondeur qui relient ce qu'on voit à ce qu'on ne voit pas. » (5) Van des Meer de Walcheren, dans son Journal d'un converti, le 18 août 1911, est le premier à considérer Bloy comme un poète extraordinaire. (6) En 1918, c'est Hubert Colleye, (7) de lui reconnaître le titre de poète. En 1926, Jehan Rictus affirme clairement que le Mendiant Ingrat est « l'Écrivain et le poète le plus complet qu'il y ait eu en langue française. » (8) En 1927, Maritain (9) nous dévoile que Bloy est le poète par excellence ou, si l'on préfère, le poète catholique ce rôle dont notre écrivain a toujours parlé. En 1932 paraît un ouvrage posthume de Pierre Termier, où il souligne que Bloy est le poète de l'histoire, de la douleur, de la misère, de l'indignation, de la mort, celui qui chante la gloire de Dieu (10).

 

Après la seconde guerre mondiale, ce ne sont plus les amis et les convertis de Bloy qui nous proposent une lecture poétique de son œuvre. Au fur et à mesure que le temps s'écoule s'ouvre une piste d'interprétation critique qui annonce son affirmation définitive comme étant l'un des plus grands écrivains de la littérature française.

 

Il me semble que c'est surtout à Georges Cattaui, à Hubert Juin et à Jacques Petit qu'il est arrivé de reconnaître le rôle capital de Bloy en ce sens. Le premier écrit : « On n'a rien compris à Bloy tant qu'on n'a pas encore reconnu qu'il est d'abord un poète. Un poète dans le sens absolu du terme: c'est-à-dire un créateur, un visionnaire et même, en quelque sorte […] un prophète. » Le second est net : « Léon Bloy est un poète. » Le troisième nous confirme :

 

« Poète, il ne pouvait se contenter de certitudes intellectuelles […]. Toutes les ressources de la poésie lui étant nécessaires pour tenter d'exprimer le mystère. » (11)

 

Bloy est un poète, rien qu'un poète, en possédant toutes les « notes », la lyrique, la satirique, l'épique, la réaliste, la romantique, l'élégiaque, la tragique, la prophétique, la psychologique. En 1882 il confie à l'abbé Anger-Billards le drame inouï qui le ronge: la Rédemption, « après 18 siècles, est totalement ignorée des 19 vingtièmes de la race humaine et traînée par ce qui reste dans l'ineffable ordure des hypocrisies, des reniements, des lâchetés et des sacrilèges. » Et c'est là que le rôle du poète devient absolu. Le poète est

« le persécuteur » par excellence, le seul qui puisse « voir » la réalité absolue à travers le «miroir aux énigmes». Mais ce n'est pas un processus facile; être un poète signifie souffrir profondément du drame du passage, parfois impossible, au monde des signes. Et Bloy de nous donner, dans un style brillant et incisif, l'image du poète dans l'acte terrible de la création : « Êtes-vous poète ? Eh bien ! Que l'âme humaine hurle sous vos pieds, dans vos bras étreignants et convulsés, dans votre propre cœur déchiqueté par le Vautour de l'inspiration. » Voilà l'aventure du poète en face de la Poésie : « Il ne peut que s'y précipiter et s'y perdre comme un torrent dans un gouffre. » (12) Le torrent dans le gouffre ne va pas mourir; il va s'y purifier. Les eaux sortiront de nouveau à la lumière, dans un endroit imprévisible. On ne peut pas prévoir la longueur de l'aventure poétique : dans le gouffre, dans la Poésie, le Temps n'existe pas.

 

 

Les signes

 

Bloy vit toujours dans un monde spirituel et symbolique. Sa recherche, dans ce monde, est la recherche du mystère par laquelle il tente de déchiffrer « le grand miroir aux énigmes » : c'est sa théorie du « symbolisme universel », qu'il tire de l'épître de saint Paul aux Corinthiens et par laquelle il appartient entièrement à son temps, celui des poètes maudits. La tâche qu'il s'est imposée est le déchiffrement des signes, déchiffrement « indispensable » parce que la vraie réalité nous est cachée.

 

De temps à autre, Bloy nous donne un aperçu fulgurant de ce monde, mais il s'agit d'un instant très court. C'est un monde impénétrable, mystérieux; et toutefois, Bloy sait qu'il existe, que c'est le seul monde valable. C'est là son drame terrible de poète. Le désespoir le prend souvent face à l'impossibilité de voir l'Absolu dans tous nos gestes. Par le mystère de la Communion des saints et celui de l'identité personnelle, par sa conception de l'histoire, le plus banal des actes quotidiens peut être un signe de l'Absolu. La tâche du poète Bloy ne sera que le déchiffrement des signes « jusqu'au seuil du Mystère, au bord du "gouffre", à la contemplation de l'ineffable, de l'inconnaissable » (13), pour « rendre sensible la présence du mystère. » (14)

 

Pour Bloy, tout est Révélation et terrain propre aux poètes et aux visionnaires, qui ne concluent pas, ne donnent pas de systèmes ni de formules, ne décrivent pas le mystère mais en font profondément sentir la présence. Au fur et à mesure qu'il s'approche de la mort, il insiste sur cette présence. Ainsi, à la date du 15 novembre 1912, transcrit-il ces mors clairvoyants dans son Journal (15) : « Pénétré, hanté, possédé par la certitude que tout est mystérieux, hommes et choses, parce que symbolique et figuratif, j'ai voulu montrer partout le mystère. »

 

Derrière la réalité extérieure, derrière la foule immense des hommes, « cette muraille de chair » (16), il y a un monde de signes, un monde d'âmes, avec ses hiérarchies et ses lois.

 

 « On pense peu à tout cela. Et cependant !!!... Les dérèglements modernes viennent de ce que les hommes ont perdu ce regard. » (17) Le poète est le seul qui puisse voir cette réalité, à travers le « miroir aux énigmes », dans une sorte d'abstraction. Et Bloy de voir donc tout objet comme un prétexte pour exprimer son impatience de pénétrer le mystère des signes. Héritier de Baudelaire, de Hello et de Verlaine, il évoque l'invisible, explore des plages lointaines, à la recherche désespérée des signes de Dieu : « Je vois le symbole en tout et partout, écrit-il, même dans les fictions les plus vaines de l'esprit humain. » (18) Bloy désire ardemment dégager le sens eschatologique et catastrophique des événements de tous les jours, et restituer sa vraie valeur à ce qui existe au-dessous de la réalité. Étudier son œuvre signifie en cueillir l'élan vers l'inconnu, et donc entreprendre un voyage dans l'invisible et dans le monde des âmes, ce gouffre possédant la porte de la connaissance et non celle de l'obscurité. Sonder, approcher, interpréter, précipiter, telle est la tâche terrible du poète dans le « texte mystérieux » du monde : « En réalité tout homme est symbolique. [...] On est, tous ensemble, des figures de l'Invisible » (19), dans une chaîne d'analogies qui est la clef du plan de Dieu.

 

 

Le témoignage

 

« À la relire aujourd'hui, dit Albert Béguin, l'œuvre de Léon Bloy paraît, dans la moindre de ses lignes, écrite en vue de notre temps. » (20) Bloy est en effet un poète-témoin des « catastrophes » et du drame du XXe siècle et de ce début du XXIe. Le poète Bloy est le dénonciateur par excellence de la situation tragique de l'homme et la voix du remède spirituel. Son imagination prophétique lui fait « voir » le monde de Hitler, les fours crématoires de Dachau et de Buchenwald, les tragédies de la seconde guerre mondiale, les désastres d'un Moyen-Orient sans paix. Notre poète n'est ni un homme d'Église, ni un savant, ni un partisan, ni un simple artiste. Il voit et il s'écrie, il accélère et il aime, il « justicie » et il souffre, devant l'agonie du Christ prolongée à travers le temps. Homme de la douleur, Pèlerin de l'Absolu, Bloy se sent investi d'une mission : celle du Poète-témoin, de l'écrivain de l'attente de la douleur, de l'espoir et de l'angoisse. Missionnaire de son temps et du nôtre, Bloy proclame l'anéantissement d'une civilisation matérialiste sans Dieu, égarée dans le désert de l'absurde.

Il serait puéril de dire que cet écrivain ne peut absolument pas s'arroger le titre de poète-prophète, dans le sens logique : plus que prévoir, il voit dans l'avenir, transmet un message d'absolu. Son imagination apocalyptique lui fait voir ce que nous réserve cette époque qu'est la nôtre : il attend la venue du Paraclet, il pressent des catastrophes inouïes. Il se situe dans la période terrible de l'attente, il n'arrive jamais à sentir la joie de la Résurrection, parce qu'il voit toujours le Christ en agonie, dans le mystère du Corps Mystique. Bloy vit dans le temps de l'espoir, il se place dans la période la plus désolée, il est l'écrivain de la douleur et de l'angoisse. N'est-ce pas, précisément, pour cela qu'il est un témoin du XXe siècle et de ce que nous vivons en ce moment ? Il nous donne un message impur, si l’on veut, et même irritant, mais gravement tragique : il s’agit du « pressentiment des catastrophes » (21).

 

Pour Bloy, le poète-prophète est un justicier et un accélérateur de dévastations et de catastrophes par excès d’amour. L’interprétation de l’histoire est l’interprétation du texte insondable de la douleur, de l’agonie du Christ et de l’exil du Paraclet. Les cris bloyens ne sont que le désir extrême de déplacer et de détruire le barrage de l’histoire ; pour lui, la grande catastrophe finale ne sera que la fin de l’agonie du Christ. Bloy est un poète-prophète par sa soif de justice, par ses pressentiments apocalyptiques, par sa situation anachronique, par sa façon de lire l’histoire, parce qu’il a prévu la crise de la conscience contemporaine, parce qu’il a cherché « à ramener les âmes à une conception purifiée et approfondie. » (22) Il faut voir les prophéties du poète Bloy dans leur contenu spirituel et dans l’avertissement qu’elles donnent. De nos jours, nous comprenons ce que nous montre ce message : lorsque la créature humaine tâche de se créer un royaume autonome, la « catastrophe » et le désespoir sont inévitables. La haine, le mépris, la cruauté qui ont caractérisé les événements du XXe siècle et qui continuent à caractériser ce début du XXIe confirment le titre de poète-témoin de notre écrivain. Bloy sent la solitude d’une façon terrible ; il « voit » que le monde tombe de plus en plus dans l’abîme, et il s’aperçoit en même temps que l’on n’y peut rien. Il n’en dit pas moins que « tout ce qui arrive est adorable » (dernier chapitre de La femme pauvre) : pour lui il est absurde de se réfugier à jamais dans un monde hermétique. L’aventure dans le monde hermétique ne peut être, au contraire, que le point de départ pour effacer le néant et pour croire en la valeur de l’âme humaine. L’impatience du poète Bloy n’est que la prise de conscience de drame humain, et en même temps l’espoir profond d’événements qui conduisent de nouveau les hommes sur la grand-route du salut. Dire que Bloy est surtout un Père de l’Église, ou qu’il appartient au Moyen Age, signifie que l’on voile sa pensée et sa position dans la littérature contemporaine. Selon René Lacroix-à-l’Henri, il « est bien plus qu’actuel, il a écrit pour les égarés de l’an 2000 » (23), et, bien sûr, pour les désespérés du XXIe siècle. Il faut donner sa juste place à l’aventure bloyenne. Certes, il ne s’agit pas d’admettre ou de tolérer certaines attitudes, mais bien d’accepter son témoignage. Nous pouvons être pour ou contre Bloy au point de vue idéologique, mais, en tant que critiques, nous devons l’accepter. Nous sommes en présence d’un « prophète », d’un témoin et d’un poète, d’un poète qui fait se prosterner la littérature et la vie tout entière aux pieds du Christ, signe de douleur, de larmes, de justice et de Rédemption (24). Naturellement, il ne faut chercher aucun aspect philosophique ni surtout théologique dans tout cela. Aucun message poétique ne supporte une interprétation rationnelle. Celui du poète Bloy la refuse tout à fait. Le poète, dans son voyage vers l’Enfer ou vers le Paradis, vers le néant ou vers la certitude, n’est jamais un théologien. Il ne faut lui demander qu’un témoignage, angoissé ou joyeux, déchirant ou timide, mais toujours et seulement un témoignage sur l’homme perdu dans l’immensité de l’univers.

 

Et Bloy est un poète-témoin angoissé et déchirant, dans son – notre – voyage vers le mystère, sachant bien « qu’il serait profondément injuste de donner à une expression poétique la valeur d’un enseignement doctrinal. » (25)

 

Pour interpréter les énigmes et les paraboles de l’univers, le poète Bloy ne doit pas et ne peut pas avoir recours au rationnel. Ainsi ses œuvres « historiques » aussi, et peut-être surtout, sont des textes poétiques, des poèmes de et sur l’histoire, explication continuelle du mystère de la Communion des Saints et de l’Identité universelle, signe des signes, concert merveilleux de l’harmonie du monde. Jeanne d’Arc, Christophe Colomb et Napoléon, et les autres personnages historiques privilégiés du poète Bloy, symbolisent le destin temporel de toute entreprise humaine. Leur sort est d’être incompréhensibles et de suivre un destin apparemment inexplicable, « terrain lumineux des poètes, harpe permettant de dévoiler la grille de l’histoire, symbole de Dieu ». L’algèbre symbolique délivrera les clefs des événements, et quelques étincelles suffiront pour trouver un débouché à l’irrémédiable et à l’irréparable.

 

 

Le mysticisme

 

Léon Bloy, avant Claudel, Péguy, Bernanos et Maritain, pressent le rôle unique qui appartient au poète catholique, à une époque où les philosophes proclament la mort de Dieu, où la matière a broyé l’esprit, croit-on, définitivement.

 

En homme de l’Absolu, il affirme la primauté du spirituel, la transcendance des droits de Dieu, le rapport indissoluble entre le bonheur de l’homme et la gloire de Dieu. En poète, il fait se prosterner toute la littérature au pied de la Croix. Lorsqu’il éreinte des contemporains, lorsqu’il juge et qu’il condamne, il chante la gloire de Dieu. Pour Bloy, « l’irréparable existe, mais tout n’est pas perdu. » (27)

 

Poète catholique, il essaie d’évoquer et de transposer à nos yeux la réalité transcendante. Indépendant par excellence, lutteur, « il épouse la pauvreté, le silence, la solitude et la souffrance »(28), dans la lutte pour le spirituel et la Vérité. Et toutefois, malgré une vie consacrée à l’Absolu, aux réalités spirituelles, il souffre profondément de ne pas avoir fait ce que Dieu veut de lui. Nous trouvons l’écho terrible de ce drame intérieur dans une lettre qu’il écrit à son ami Jean de la Laurencie, le 4 janvier 1915, deux ans avant sa mort : « Je n’ai pas fait ce que Dieu voulait de moi, c’est certain. J’ai rêvé, au contraire, ce que je voulais de Dieux et me voici, à 68 ans, n’ayant dans les mains que du papier ! » (29)

 

Il est intéressant de remarquer que Hubert Juin, comme l’a déjà fait Albert Béguin, montre que notre écrivain identifie sa vie à celle du Christ et précisément À l’année liturgique, tout en vivant en même temps l’ambiguïté fondamentale du temps sacramentel et du temps profane. « Contemplez-le ! Ne dirait-on pas celui qui veille aux portes du divin tombeau, durant l’inexorable écoulement des heures de ce Samedi saint ? Voyez comme est grande son impatience, et comme ses dents grincent dans le vide des cieux ! ».(30) L'année bloyenne se concentre sur deux points: le Vendredi saint ou l'agonie du Christ, et l'attente de la Pentecôte ou l'avènement du Paraclet. Pour le poète Bloy, la littérature est prière, promesse et présence du surnaturel. Et nous comprenons pourquoi il se plaint d'être devenu un littérateur au lieu d'un saint: Bloy n'est ni un saint ni un paranoïaque, mais un violent du royaume de Dieu, qui confond misère et littérature, contemplation et poésie. (31)

 

Catholique intégral, ce poète vit dans l'Église ; c'est pourquoi il lui est impossible de concevoir une séparation entre le spirituel et le charnel. Sa lutte contre la société bourgeoise n'est pas une occasion de scandale, mais l'affirmation d'une foi intransigeante et du dogme de la réversibilité à travers la souffrance. Mais le XIXe siècle aurait, peut-être, pardonné le catholicisme intégral du poète Bloy s'il n'avait pas proclamé si haut sa pauvreté. Ainsi on l'a accusé de se faire appeler « le Mendiant Ingrat », d'organiser une pauvreté inexistante, sans reconnaître la grandeur de son indépendance, pour ne pas « voir » la terrible symbolique qu'il donne à la pauvreté et à l'argent. Si l'on comprend cette symbolique, on verra sous une perspective différente ses coups de « justicier ». Dans l'attente du Saint-Esprit, il juge « les choses temporelles du point de vue éternel » (32). L'œuvre tout entière du poète Bloy « contient une admirable exégèse de la condition humaine ». (33) En regardant les faits en transparence, il attend « les Cosaques et le Saint-Esprit », et c'est au poète mystique, à sa voix, de la crier au nez de n'importe qui, n'importe où, n'importe quand : « Je suis devenu une sorte de poète mystique enfermé dans la sempiternelle contemplation des harmonies invisibles, ravagé de toutes les fureurs du Désir de Dieu, et consumé dans son corps et dans son âme pour toutes les famines de la terre et du ciel. » (34) Pour cette raison, l'œuvre du poète Bloy, trop souvent jugée asystématique et contradictoire, a une profonde unité: la quête de l'Absolu. C'est dans cette unité, en se plaçant du point de vue de l'Absolu, que nous devons examiner tous ses thèmes: le désespoir, la pauvreté, l'Absolu, l'attente, la Communion des Saints, le Corps Mystique, l'espérance, l'exégèse, l'impatience, l'histoire, la poésie, l'art, le prophétisme, Israël, le Saint-Esprit, le temps, le tout dans une atmosphère symbolique d'étonnement, de gouffre, d'exégèse de la condition humaine, de protestation, de mysticisme, d'amour, de transparence et de poésie.

 

Chaque phrase du poète Bloy a donc une signification métaphysique ; c'est une résonance de l'histoire, de l'homme, de l'Écriture, au début œuvre de Dieu, ensuite œuvre de Dieu et des hommes, ses fils. Images, analogies et figures nous laissent deviner la réalité, la présence du mystère ; elles prolongent l'invisible chez nous, par des étincelles que le poète Bloy, maître absolu de la langue, sait capter et nous relancer, avec une vigueur laissant des traces ineffaçables.

 

En effet, la langue cosmique de Bloy est un témoignage, un élan vers l'inconnu et l'impossible : ou la littérature « se borne à être un divertissement pour lettrés, ou elle est recherche de Dieu, ou, tout au moins quête d'un idéal. » (35) La voix de notre poète est celle d'un haut-parleur centré dans l'immensité de l'univers, le signe d'un délire de Vérité, le reste embrasé des rares moments où il semble toucher la profondeur du mystère, le cri de solitude de l'homme condamné à être en exil, hors du Paradis. Et le poète sera l'exilé numéro un, dans le silence des hommes à l'égard de Dieu. Sa parole exprimera, à tout instant, l'exil et la distance infinie de l'Insondable : « Mais combien vaines, lamentablement infirmes, sont les analogies littéraires ou conjectures métaphysiques d'un pauvre écrivain penché sur l'Insondable et n'obtenant pas même l'énergie d'intuition qu'il faudrait pour discerner, un instant, au risque de mourir d'effroi, le vertigineux abîme de l'Inintelligence contemporaine ! » (36)

 

 

Nous, lecteurs poètes

 

Nous sommes les premiers vrais lecteurs de Léon Bloy poète. Il fallait avoir vécu, nous ou nos pères, tout près de l'Apocalypse, pour comprendre cette œuvre d'Apocalypse. Nous la comprenons parce que nous sentons son témoignage d'une angoisse profonde, orientée vers le mystère, le Ciel, l'abîme et l'impatience mystique, sans aucune complaisance esthétique. Nous savons de nos jours que le vrai Bloy est le Bloy poète, qu'il n'est qu'un poète, rien qu'un poète. Nous pouvons parler d'actualité poétique, outre son actualité prophétique. Bloy est un voyant qui vit dans l'Absolu ou, si nous ne voulons pas lui donner ce titre, au moins un contemplatif toujours au seuil de l'Absolu. Ses imprécations et ses plaintes doivent être jetées au seuil de cet Absolu et vues d'après sa métaphysique de la douleur, de la pauvreté et de l'argent. Sans doute beaucoup d'entre elles resteront incompréhensibles, mais nous aurons compris sinon tout, au moins une partie de cet écrivain de scandale en tout domaine. Une des causes de l'insuccès de Bloy doit être recherchée dans l'obscurité de sa page, due à l'aspect prophétique et mystérieux de ses métaphores, instrument propre à saisir la réalité, et à l'indigence des mots humains. Mais cette obscurité n'est-elle pas consciente? Elle exprime la souffrance du poète face au mystère, qu'il sent mais qu'il ne réussit pas à comprendre, et l'impuissance tragique de l'homme à se relever tout seul. Le poète Bloy évite intentionnellement d'exprimer les termes de la différence et de l'identité, et il supprime toute distance pour provoquer de l'étonnement. Pour le comprendre, « il faut épouser son point de vue » (37), ce qui ne signifie pas accepter éperdument ses idées, mais se rendre compte que sa souffrance naît de l'écart profond entre son monde spirituel et celui de son époque, pénétrer ses structures intérieures et faire un effort de recréation et de magie. En lecteurs-poètes, il faudrait tenter de découvrir les correspondances existantes entre l'âme de l'écrivain et la réalité. Il suffirait de s'approcher de lui sans préventions, et en sachant bien que l'on commence un voyage dans l'invisible.

 

Nous, lecteurs-poètes, en ce début tragique du troisième millénaire, nous captons la présence réelle de Bloy : c'est qu'il proclame la primauté du spirituel dans la lutte pour la Vérité.

 

La conspiration du silence, dont Bloy si souvent parle de son vivant, n’est en réalité qu’incompréhension de l’aventure du poète-voyant, avec son style engagé, son bouleversement des traditions littéraires, son abandon de la littérature du relatif pour une littérature de l’Absolu, sa mission d’écrivain et de poète, redevenu, tel qu’il était dans l’ancienne Grèce, le fou et l’illuminé déchiffrant les signes l’autre, la vraie réalité.

 

Il est temps de relire Bloy définitivement sous cet angle. Quelle merveilleuse aventure dans la poésie nous donne-t-il, quel que soit le texte par lequel nous l’abordons.

 

 

Léon Bloy aujourd’hui

 

Désormais, on ne discute plus le « talent » de Léon Bloy. Les événements de 1914-1918, de 1939-1945 et de nos jours, l’histoire entière du XXe siècle (38), ont mis a jour l’ « actualité » d’un écrivain « prophète », d’un « poète » maudit et d’un révolté par amour.

 

Bloy lance un message à la littérature de l’avenir : elle ne pourra être que morale, engagée et symbolique, une sorte d’entreprise de salut. Le Pèlerin de l’Absolu parle toujours au nom de la Vérité. Il épouse la devise du Christ: Ego sum Veritas. Il écrit en révolté, bien sûr, mais « contre l’injustice et le manque d’amour, contre l’oppression des faibles par les forts, contre l’égoïsme, la lâcheté et l’avarice. » (39) Bloy est un rebelle de la justice. Il est toujours du côté des damnés. Il se proclame « une voix indépendante et généreuse au milieu de l’universelle dégradation. » (40) Il lutte contre le « bordel » de la littérature (41) et de tout autre secteur de ce monde.

 

La société apparaît à Bloy comme « un cadavre » (42). Pour la réveiller, elle doit être « vécue ». L’écrivain s’engage à produire « des livres vécus » à lancer des « lamentations » et des « hurlements », à « vociférer son désespoir ». (43) La contestation apocalyptique est la garantie de la pérennité de la parole du texte.

 

Pour Bloy l’histoire est en décomposition. C’est la fin d’une civilisation. Il faut que l’écrivain réponde à l’ « irréparable » et à l’ « irrémédiable», par la Parole, l’acte d’Écriture, le voyage à travers les énigmes de la langue.

 

Ainsi Léon Bloy se propose-t-il d’ « arracher la langue aux imbéciles », et d’ « obtenir le mutisme du Bourgeois », (44) ce symbole de la société sans Dieu, perdue à jamais. Dragon affamé de Paradis et de Parole, contre le matérialisme et l’athéisme, il pratique « une sorte d’apostolat, en démontrant la misère effroyable et le ridicule infini de tout ce qui s’oppose à Dieu ». (45) Démystificateur et justicier de la bêtise universelle, Bloy nous invite avec force à nous « arrêter un peu d’être stupide[s] » (46). Il veut réveiller les morts : « Assez de blagues, Bourgeois! » (47), dit-il. Le mal et la folie ont envahi les âmes : l’écrivain non prostitué, tel Bloy, doit faire entendre sa voix, contre « ce petit bonhomme, éclairé par les étrons ». (48)

 

Ainsi le Pèlerin de l’absolu fait-il « une critique radicale de la modernité ». (49) Mais il n’est pas un réactionnaire : il est fixe dans le temps, sans compromis et sans relativisme. Le progrès est un processus d’autodestruction, proclame-t-il. L’argent-pouvoir couvre l’agonie du Christ. Il faut qu’il redevienne sang du Christ, par la parole dissonante de l’écrivain, contre le bourgeois, les chrétiens silencieux ou absents, les littéraires qui profanent la langue de Dieu, enfin contre les imbéciles et les infâmes, habitants « de cette salope de société moderne » d’où Bloy veut « déraciner les montagnes » de « la médiocrité ». (50)

 

Appartenir à la littérature, c’est être plus qu’un « écrivain ». C’est être l’homme nouveau, le frère des pauvres, des damnés et des exclus, le camarade de Tolstoï, de Dostoïevski et de Kafka, le déchiffreur des secrets perdus de la Beauté et de l’Art.

 

Ce rôle ouvre à Bloy les parcours de la crise contemporaine et des catastrophes de notre temps. L’exalté et le fou dont on a souvent parlé ne sont qu’un témoin. Bloy-témoin de l’angoisse humaine écrit pour notre temps. Il ne s’agit pas d’une simple actualité poétique, mais de présence d’un voyant du futur. Le « réactionnaire » Léon Bloy est plus proche de nous et de l‘avenir que les grands modernistes de son temps, par son cri de révolté voyant. L’œuvre de Bloy est « écrite en vue de notre temps », contre « le silence des âmes et l’oubli de Dieu ». (51)

 

En cette époque de technique, de communication et de médias, de matérialisme et de progrès, Bloy fait entendre ses cris et ses sanglots. Ses « pensées en exil » abattent « la grande colonne de silence. » (52) L’attente serait-elle proche de sa fin ? « L’INVENDABLE à perpétuité ». (53) Léon Bloy a désormais ses lecteurs. C’est qu’ « il a dit sur l’histoire la fin du temps, l’éternité qui s’ouvre sous nos pas, des mots auxquels les événements que nous avons vus et vécus donnent une actualité saisissante. » (54) Le poète mystique vit une condition qui présente bien des analogies avec celle de notre époque : « Nous sommes les premiers lecteurs de Léon Bloy. » (55) Dans ses carnets inédits, il inscrit cet aphorisme de Kepler (56): « Il importe peu que son ouvrage soit lu maintenant ou par la postérité. Je puis bien attendre un siècle pour trouver quelques lecteurs, puisque Dieu a lui-même attendu six mille ans un observateur de sa création. »

 

À côté des grands poètes maudits Baudelaire, Rimbaud et Lautréamont, le «poète » Léon Bloy lance ses cris de douleur aux hommes du troisième millénaire. L’exégète des énigmes de l’histoire, du temps et de l’Absolu retrouve sa paix dans l’actualité de son message. Il ne se demande plus « qui suis-je ? ». Nous, lecteurs-poètes, nous pénétrons enfin la texture de sa langue et de son autobiographie de la douleur.

 

 

(1) G. DOTOLI, Situation des études bloyennes, suivie d'une bibliographie de 1959 à 1970, Paris, Nizet, 1970 et Autobiographie de la douleur. L Bloy écrivain et critique, Paris, Klincksieck, 1998.

(2) Léon Bloy à Amélie Hayem, 1er sept. 1883, lettre publiée par J. BOLLERY, L Bloy, Paris, Albin Michel, 3 vol., 1947-54, II, p. 65.

(3) L. BLOY, Œuvres, éd. ét. Par J. BOLLERY et J. PETIT, Paris, Mercure de France, 1963-75, 15 vol., II, p. 18. Propos d'un entrepreneur de démolitions, cf. L. Bloy à l'abbé Anger-Billards, 1er mars 1882, lettre publiée par J. BOLLERY, L Bloy, cit., I, p. 460-461.

(4) L. BLOY, Ibid., XIV, p. 154, Au seuil de l'Apocalypse, 19 avril 1915.

(5) Ibid., XI, p. 229.

(6) P. VAN DES MEER DE WALCHEREN, Rencontres, Paris, Desclée de Brouwer, 1961.

(7) H. COLLEYE, Causeries artistiques et littéraires, Liège, Imprim. Bernard, 1918, p. 85-111.

(8) Contribution de J. RICTUS au "Taudis" (Annecy), n. spéc. L. Bloy, févr.-mars 1926.

(9) J. MARITAIN, Quelques pages sur L. Bloy, Paris, L'Artisan du livre, 1927.

(10) P. TERMIER, Introduction à L. Bloy, Paris, Desclée de Brouwer, 1932.

(11) G. CATTAUI, L. Bloy, Paris, Éd. Univ., 1954, p. 62; H. JUIN, L. Bloy, Paris, « La Colombe », Éd. du Vieux Colombier, 1957, p. 86; J. PETIT, L. Bloy, Paris, Desclée de Brouwer, 1964, p. 20 et 74. Pour la citation de Bloy, voir Œuvres, cit., XIV, p. 154, Au seuil de l'Apocalypse, 19 avr. 1915.

(12) Léon Bloy à l'abbé Anger-Billards, 1 er mars 1882, lettre cit., note 3.

(13) J. PETIT, L. Bloy, cit., p. 51.

(14) Ibid.

(15) L. BLOY, Œuvres, cit., XIII, Le Pèlerin de l''Absolu, lettre à Elisabeth Joly du 15 nov. 1912, p. 340.

(16) L. BLOY, Lettres de jeunesse, Paris, Édouard Joseph, 1920, lettre du 14 sept. 1872, p. 43.

(17) Ibid.

(18) L. BLOY, Lettres à sa fiancée, Paris, Stock, 1947, p.130, 15 févr. 1890.

(19) L. BLOY, Œuvres, cit., IV, p. 273, L'âme de Napoléon.

(20) L. BLOY, Textes choisis par A. BÉGUIN, Fribourg, Éd. de la Libr. de l'Univ.-Egloff, 1943, p. 9.

(21) M.-J. LORY, La pensée religieuse de L. Bloy, Paris, Desclée de Brouwer, 1953, p. 130.

(22) Ibid., p. 198.

(23) L. TRÉPANIER, “Bloyana”, par ici, par là, partout, « Bloyana » (Montréal), 6, mai 1967, p. 56.

(24) L. BLOY, Œuvres, cit., III, p. 139-140, Le désespéré.

(25) Ibid., XIV, p. 128, Au seuil de l’Apocalypse, lettre à Margotti, 25 déc. 1914.

(26) M. LOBET, Chercheurs de Dieu, Bruxelles-Paris, Les Écrits, 1943, p. 81.

(27) M. MORÉ, La muraille de l’irrévocable, dans L. Bloy. Études, souvenirs et témoignages, "Résurrections", 7-8, 1944, n. spéc. sur L. Bloy, p. 35.

(28) M. LOBET, Chercheurs de Dieu, Bruxelles-Paris, Les Écrits, 1943, p. 81.

(29) L. BLOY, Œuvres, cit., XIV, p. 131, Au seuil de l’Apocalypse, 4 janv. 1915, et Lettres à Frédéric Brou et à Jean de la Laurencie, Paris, Bloud et Gay, 1927, p. 104-105.

(30) H. JUIN, L. Bloy, cit., p. 62.

(31) Ibid., passim.

(32) G. CATTAUI, L. Bloy, cit., p. 8.

(33) A. BÉGUIN, Intr. à L. BLOY, Textes choisis, cit., p. 22.

(34) Léon Bloy au comte de Gobineau, 23 sept. 1880, lettre publiée par J. BOLLERY, L. Bloy, cit., I, p. 446.

(35) M. J. LORY, La pensée religieuse [...], cit., p. 203.

(36) L. BLOY, Œuvres, cit., X, p. 129, Celle qui pleure.

(37) S. FUMET, Léon Bloy captif de l'absolu, Paris, Pion, 1967, p. 22.

(38) S. FUMET, La poésie au rendez-vous, Paris, Desclée de Brouwer, 1967, p. 217.

(39) J. BOLLERY, L. Bloy, cit., II, p. 343.

(40) Lettre de L. Bloy à Oluf Molbech, 26 mars 1890, dans Ibid., II, p. 349.

(41) Ibid., I, p. 248, lettre de L. Bloy à P. Bourget, 7 août 1877.

(42) Ibid., p. 254, lettre de E. Bloy à E. Verri, mai 1876.

(43) L. BLOY, Œuvres, cit., II, p. 195, Belluaires et porchers.

(44) Ibid., VIII, p. 19, Exégèse des lieux communs.

(45) Ibid., XIV, p. 15, Au seuil de l’Apocalypse, 6 févr. 1915.

(46) Ibid., VIII, p. 306, Exégèse des lieux communs.

(47) Ibid., p. 64

(48) Ibid., p. 99.

(49) A. MARCHETTI, Axiologie et poésie chez L. Bloy, dans L. Bloy au tournant du siècle, textes réunis et prés. par P. GLAUDES, Toulouse, Presses Univ. du Mirail, 1992, p. 274.

(50) Lettre de L. Bloy à M. Rollinat, 2 nov. 1885, dans J. BOLLERY, L. Bloy, cit., II, p. 176 et 177.

(51) A. BÉGUIN, Intr. à L. BLOY, Textes choisis, cit., p. 9 et 10.

(52) L. BLOY, Œuvres, cit., II, p. 171, Belluaires et porchers.

(53) Ibid., XII, p. 299, L’Invendable, Intr.

(54) G. BOUNOURE, Actualité de L. Bloy, dans L. Bloy, dossier conçu et dir. par M. AUBRY, Lausanne, L’Age d’Homme, 1990, p. 141.

(55) H. JUIN, L. Bloy, cit., p. 21.

(56) L. BLOY, Aphorismes (Extraits des carnets de L. Bloy – inédit), dans L. Bloy, cah. Dir. Par M. ARVEILLER et P. GLAUDES, Paris, Ed. de l’Herne, « Les Cahiers de l’Herne », 1988, p. 70.

 

Giovanni Dotoli

 

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1 commentaire

sublunaire88
sublunaire88 il y a 28 mois

Très beau travail. Vous faites honneur à l'auteur dont vous étudiez les textes. Je suis un lecteur assidu de Bloy et je vous exprime ma reconnaissance pour cet article.

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