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Arthur Conan Doyle : Biographie


Vie et œuvre d’Arthur Conan Doyle (1859-1930)

Né à Édimbourg, en Écosse, le 22 mai 1859, cet élève des jésuites rejette le christianisme et, à dix-sept ans, entame des études de médecine. C’est ainsi qu’il rencontre Joseph Bell, professeur en chirurgie, à qui il rendra hommage en ces termes : « C’est très certainement à vous que je dois Sherlock Holmes. Autour des notions de déduction, d’inférence et d’observation que je vous ai entendu enseigner, j’ai tenté de construire un homme. » Durant ses études, il publie anonymement deux nouvelles dans le Chambers’s Edimburgh Journal. En 1881, diplôme en poche, il s’engage comme médecin de bord sur un navire à destination de l’Afrique. Mais une tempête, un incendie, puis la malaria l’incitent à une pratique plus paisible de son art. Il s’installe alors en qualité d’ophtalmologue à Southsea, près de Portsmouth, dont la clientèle clairsemée lui laisse tout loisir d’écrire… mais non de publier. C’est Louise Hawkins, la sœur d’un de ses rares patients, qu’il épouse en 1885 et qui lui donnera deux enfants, qui le pousse à persévérer.

 

Après des tentatives infructueuses, Arthur Conan Doyle s’inspire des progrès de la chimie et de la physique pour composer Une étude en rouge, illustration des apports de la science à la lutte contre le crime. Refusée par plusieurs éditeurs, cette première aventure de Sherlock Holmes paraît en 1887 dans le Beeton’s Christmas Annual et passe inaperçue. Conan Doyle se lance alors avec succès dans le roman historique. L’agent américain du Lippincott’s Monthly Magazine, qu’il rencontre au cours d’un dîner, lui commande un roman, ainsi qu’à Oscar Wilde. Ce dernier s’acquittera du Portrait de Dorian Gray, et Conan Doyle du Signe des quatre, deuxième aventure du détective, qui paraît en 1890.

 

Après un séjour à Vienne en vue de parfaire ses connaissances médicales, Conan Doyle ouvre à Londres un cabinet aussi peu fréquenté que celui de Southsea. Tout son temps libre est désormais consacré à l’écriture. En juillet 1891, paraît dans le Stand Magazine une première nouvelle mettant de nouveau en scène Sherlock Holmes, puis une deuxième. Le succès, d’une ampleur inimaginable, est immédiat, à telle enseigne que Conan Doyle doit suspendre ses consultations pour répondre à la demande, à raison d’une histoire par mois. Sa créature, déjà infiniment plus connue que lui, éclipse son œuvre d’historien, à laquelle il attache pourtant un plus grand prix. Témoin cette lettre adressée à sa mère en novembre 1891 : « J’envisage de tuer Holmes dans la sixième aventure. Il m’empêche de penser à des choses meilleures. » L’auguste femme saura trouver les mots pour déjouer l’assassinat de l’encombrant détective !

 

Fin 1892, les époux s’installent à Davos, en Suisse, où le climat est plus adapté à la tuberculose de Louise. Les aventures de Holmes et de son fidèle Watson, disciple un peu obtus, ne sont pour Conan Doyle qu’un divertissement, presque des amusettes. Mais son éditeur et le public considèrent que les tribulations du locataire de Baker Street surpassent en intérêt les écrits plus « sérieux » de l’ex-ophtalmologue. Tel n’est pas l’avis de l’écrivain qui, douze aventures plus tard, s’arrange pour faire disparaître son détective, poussé dans les chutes de Reichenbach, en Allemagne, par le sinistre professeur Moriarty, incarnation du Mal. Tollé national ! Le public est fou de rage : saint Georges ne peut avoir été vaincu par le Dragon ! Mais l’auteur tient bon : aucun argument n’a raison de sa décision.

 

Dès lors, Conan Doyle voyage, donne des conférences aux États-Unis, introduit dans les Alpes le ski, découvert en Norvège, publie les premiers volumes des Exploits du brigadier Gérard, soldat du Premier Empire, se mêle de guerroyer dans les colonies, puis de se faire élire député d’Édimbourg. Il écrit beaucoup, notamment un pamphlet (1902) contre les calomniateurs de l’Angleterre, accusée d’avoir maltraité les Boers en Afrique du Sud, qui lui vaudra d’être anobli : il est désormais Sir Arthur Conan Doyle. Cette même année 1902 paraissent dans le Stand Magazine les derniers chapitres du Chien des Barkerville, dont l’action est donnée comme antérieure à la disparition du détective à Reichenbach. Le succès ne se dément pas et un éditeur américain parvient enfin à le convaincre, arguments sonnants et trébuchants à l’appui, de redonner vie à son personnage. Trente-trois aventures de Sherlock Holmes suivront, de 1903 à 1927.

 

Sir Conan Doyle use alors de sa notoriété pour entreprendre des actions de grande envergure, telles que la dénonciation des crimes belges au Congo. Il emprunte également la loupe de Holmes pour mener l’enquête et faire innocenter quelques victimes d’erreurs judiciaires. Après la mort de Louise, en 1906, il se remarie l’année suivante avec Jean Leckie, dont il était secrètement épris : elle lui donnera trois enfants. En 1912, il donne naissance à un nouveau personnage, le professeur Challenger, dont il publiera cinq aventures et, trop âgé pour servir au front durant la Première Guerre mondiale, s’engage néanmoins par l’écriture pour inciter au ralliement, rédigeant en outre au jour le jour l’histoire du conflit. Après la mort de son frère et de son fils, grièvement blessé lors de la bataille de la Somme, Arthur Conan Doyle se voue au spiritisme, auquel il se consacrera jusqu’à la fin de sa vie, le 7 juillet 1930. 


Joseph Vebret

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La voyante
La voyante

Conan Doyle publie les nouvelles de son héros Sherlock Holmes dans la revue The Strand Magazine.