La cage dorée

Dans le Stockholm des beaux quartiers, Faye et Jack forment un couple en vue. Lui est à la tête d’une société d’investissement, créée avec un ami qui engrange de substantiels bénéfices. Elle, qui a œuvré dans l’ombre à cette réussite hors normes, la permettant même, élève sa fille dans un immense appartement du cœur de la ville. S’ennuie profondément malgré une vie luxueuse qui lui permet de tout acheter, de fréquenter les endroits les plus branchés.

Toujours amoureuse de son mari, elle sent que leur couple part à la dérive, qu’il méprise ce qu’elle est devenue,  alors qu’il a tout fait pour la marginaliser dans un rôle de potiche qu’elle n’assume pas. Elle mérite mieux que cette obsession pour la minceur et les vêtements de créateur, commune aux femmes de, ce que tous deux savent pertinemment.
Jusqu’au jour où il la quitte pour une collaboratrice plus jeune, plus décorative, en ne lui laissant pas un sou.

D’abord anéantie, incrédule,  elle va en s’associant avec des femmes de pouvoir ayant déjà été humiliées ou trompées par des hommes, remonter la pente en créant Revenge, une société de cosmétiques qui en quelques années va devenir un des acteurs majeurs du secteur,  la rendre très riche et lui permettre de se venger de son ex de façon spectaculaire. 

Très différent des précédents romans de l’auteur qui se déroulaient tranquillement sur la côte ouest,  de la Suède, La cage dorée s’apparente plus à un thriller psychologique  assorti d’une critique acerbe de la haute société suédoise qu’à un classique polar. Ici,  la complexité des personnalités importe plus que l’action, les failles venues de l’enfance sont à la base des dérives des protagonistes et du désir de vengeance, le vrai sujet du livre.  
Les inquiétants retours dans le passé laissent augurer du pire et offrent un rebondissement final à la hauteur.
 

Brigit Bontour

Camilla Läckberg, La cage dorée, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud, avril 2019, 352p.-, 22, 80 €

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