Le pays d'où l'on ne revient pas : Carles Diaz

Voici soudain le feuillage humain au sein de la fiction. Celle d'un journal imaginaire d'un peintre allemand oublié de l'histoire de l'art et exilé au Chili en 1850 : Carl Alexander Simon.

Carles Diaz lui rend tout ce que la mort lui a volé.  Se découvrent la naissance et le caractère ultime d'un artiste, sa conception de la peinture et de la nature, son intense appel à la liberté qui ne supporta pas de frontière. Mais la Patagonie lui offrit cet espace.
L'auteur devient celui qui retourne le terreau des phrases, le minerai des mots inanimés pour se confronter à celui qu'il aurait pu être  en des temps différents.

Existe donc l'histoire du peintre et de son double dans ce récit (balisé de poèmes) de recouvrance. Du chant déchiré, déchirant face à la crainte d’un dépérissement sale., restent les images comme en effacement mais en échos et résurgences.
Dans la fluidité du récit, l'intimité du narrateur comme de son héros devient universel le.  Peu à peu tout se réduit à un dépouillement essentiel. Ne restent que les images sourdes. Il s’agit d’œuvrer contre la mauvaise nostalgie et son chaos.
Dans le bois d'automne des souvenirs d'une vieille histoire oubliée le narrateur n'avance plus en titubant. Sa quête s’applique à recueillir les mots les plus essentiellement humbles pour reprendre pied et redonner existence à l'oublié.

Jean-Paul Gavard-Perret

Carles Diaz, L'arbre face au monde  Vies et destin de Carl Alexander Simon, Poésis, février 2022, 208 p.-, 18 €

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