Céline Walter : d'entre les dames

Céline Walter franchit une nouvelle étape de sa quête dans un texte "écrit d'un seul souffle", dit-elle. Et cela se sent. Il emporte dans la forêt des songes et d'une mystérieuse dame que recherche une gamine. Elle ne cesse de fuir pour se trouver.

Surgissent soupirs et sourires dans un quête presque impossible là où la sagesse n'évite en rien une sensualité prégnante, voluptueuse et subtile.

Et ce pour une renaissance. Car tout ce qui se prépare – suite sans doute à la "nuit sexuelle" dont parle Quignard et que nous ne connaîtrons jamais – crée un parcours prénatal particulier. Il mène celle qui est à qui elle devient par une alchimie poétique.

Le texte est parfait dans son expression tout en fausse naïveté mais réel émerveillement. Céline Walter a donc trouvé la juste voix pour exprimer ce qui ne se dit pas toujours ou trop mal.

Sans transgression la poétesse lance  un chant à sa mère  (même si le père n'est pas oublié en ses "absences") à travers diverses "dames" là où le silence de l'enfance trouve enfin sa voix la plus intime pour un savoir magique de la première innocence jusqu'aux premiers émois.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Céline Walter, Peau de lait, éditions du Cygne, mai 2021, 56 p.-, 10 euros

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