Lunes de miel de Christine Valcke

Christine Valcke refuses les images admises et mièvres avec lesquelles le regard est déjà familiarisé. C’est pourquoi il faut apprendre à regarder ce qu’elle montre et qui nous échappe. Ramifiée en multiples lumières, l’encre sort de cœur de l’ombre afin de dégager des masques de la nuit.

Le noir s’inverse, domestique l’obscur car il est soudain dégrisé, étiré : des chemins s’y tissent. L’artiste est donc la réenchanteuse du monde et de l’être. Elle ose toujours des voyages dans le nocturne pour recréer des aubes aux astres mystérieux et bijectifs dans le jeu de l'obscur et de la clarté.

L’oeuvre reste toujours minimaliste, dépouillée mais agitée de mouvements sourds. Le corps est là – non directement bien sûr – mais par les gestes qu’il induit. Il n’est donc jamais parti, il n’est jamais loin. C’est un peu comme l’amour - de l’art évidemment.
Aussi mental que physique, il reprend toute sa réalité en ses hymens.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Christine Valcke, Encres sur papier, Maison du Roy, Sigean, 8 juillet au 1er septembre 2018.

 

 

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