Marie-Laure Dagoit à rebrousse poil

Marie Laure Dagoit recueille et chante des formes qui portent sur leur cylindre l’aurore. Mais l’anus solaire n’est pas plus occulté. Il s’affiche en perchoir, se monte en atout. L’auteure dévoile au besoin l’oiseau caché dedans car elle sait séduire le diable des hommes glabres ou blanchis à la chaux vive. Elle ne veut ni les yeux mous qui l’enlacent ni les corps qui trainent les pieds dans les brumes de l’espèce. Avec « Arse » elle joue l’otage moins des âmes-sons que des cierges dont elle feint d’attendre le breuvage au nom d’un mensonge maquillé en prière : « que votre volonté sois faite ». Mais ne nous y trompons pas : ses pensées voltigent dans les yeux des mélancoliques du nouveau millénaire désespérant. Ces yeux lisent les pensées de l’auteure pour mieux les mâcher et en ressentir les spasmes en français comme en anglais. En ces deux langues Marie-Laure Dagoit  y égrainent de prétendus péchés et leur onctuosité afin de rentre hommage à la terre qui nourrit et érige la chair en arbre au tronc blanc et en bronze pourpre. Il y soudain du blanc spermatique sur le pistil du rose. Il y a aussi un dieu dans l’église mais ses baisers meurent plus vite que la nuit.

 

Jean-Paul Gavard-Perret


Marie-Laure Dagoit, « Arse », Editions Derrière la salle de bains, 10 €, 2014.

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