Mickaël Drai & Christophe Chelmis sous X

Des centaines de maris qui seraient bien rentrés chez eux, mais qui risquaient d’y retrouver leur épouse (et réciproquement), décidaient parfois de faire une halte dans un cinéma X. C’est là parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent plus connaître : ils ont tout désormais sur internet et de manière plus bouchère.  
Mais savoir que la vie faisait des voyeurs de l'époque, pour les amateurs du cinéma porno il n’existait que des acteurs et actrices en mouvement (pas question pour de tels actants de regarder l’heure à la pendule du studio). Ils et elles suffisaient à appâter le gogo.
Toutefois les autorités sanitaires de la morale avaient le bras séculier lourd. En 1975, la loi française a interdit l’usage d’images explicites sur les affiches de films pornographiques. Dès lors les distributeurs durent multiplier les chartes graphiques et linguistiques pour répondre à la pénurie organisée. 
Cet important corpus Pornographique propose une sélection et un historique de graphismes kitschissimes à la mode psychédélique et aux titres extravagants : Orgies au camping, La Comtesse est une pute, La grosse cramouille de la garagiste, Les vieux sur la vieille, Merlin l’emmancheur.
Pour un homme seul et désirant, ces appels étaient une bénédiction. Les stars du genre étant connues mais cela évitait les présentations en une époque où la pornographie devint ce qu’il n’est plus : non une monstration mais une évocation grotesque ou poétique, c’est selon.

Jean-Paul Gavard-Perret

Mickaël Drai & Christophe Chelmis, Pornographisme, Marque Belge, 2023, 136 p.-, 18€

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