Eugène Savitzkaya : l'avenir dans certains œufs

À mesure que l'Apocalypse approche, Saviyzkaya n'y va pas de mains morte. Il fouille dans les entrailles de la terre et de ses locataires. Mais non de manière réaliste car il préfère le conte. Il le traite à sa main.Ici au milieu des ogres, des moisissures et des cristallisations de couples improbables.

Dès lors Eugène Savitzkaya prend son lecteur à revers et au débotté en cette histoire où se jointoient que bien que mal le genre lyrique et une forme de trivialité décapante. Cela relève pour une part de la farce. Elle revivifie le langage qui rappelle celui des spectacles impies qui se donnaient en prélude aux Mystères devant les cathédrales.

L'auteur reste à la recherche du "feu fondateur" au milieu des œufs. Certes Ionesco n'est pas ici de mise, car l'avenir n'est pas forcément en eux. Ou du moins pas n'importe lesquels. Et dans la traversée d'un pays plus grand qu'un continent tout ne se fait pas sans heurts. Fumées et scories sont le prix à payer pour créer un nouveau monde.

Et c'est ainsi qu'une libération avance tout feu tout flamme. Au lecteur de comprendre et de savoir si c'est vers le néant des choses et des êtres ou leur enivrement.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Eugène Savitzkaya, Au pays des poules aux œufs d'or, Minuit, février 2020, 192 p.-, 17 €
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