Le Guide de l’empereur Tang, sagesse d’hier pour leaders d’aujourd’hui

Tang Taizong (598-649), largement méconnu en Occident, est le pendant d’un Napoléon ou d’un Alexandre le Grand : maître dans l’art militaire, érudit, sage, altruiste et porteur d’une haute idée de la Chine, il unifia son empire et l’administra en sage. Féru d’Histoire, il prit le pari non pas d’instaurer une nouvelle dynastie mais de la faire durer dans le temps, après lui, en lui offrant des bases saines et solides, justes et ouvertes au bien commun. Entouré d’un cercle de ministres choisis pour leur probité et leurs compétences propres, il ne manque jamais d’écouter leurs avis, les réclamant même, parvenant à être à la fois l’homme le plus puissant de son époque et sans doute aussi parmi les plus humbles. Soucieux d’installer son règne dans la durée et dans l’Histoire, après la calamiteuse dynastie Sui, il s’entoure de scribes et fait rédiger la chronique de son règne au fil de l’eau. Cette base documentaire inestimable est réorganisé par Chinghua Tang dans son Guide de l’empereur Tang, sagesse d’hier pour leaders d’aujourd’hui et va servir à nourrir les dirigeants d’aujourd’hui.

 

Chaque chapitre s’organise autour d’une thématique (Etre empereur, des Vertus, de la remontrance, De la fragilité, Des ressources humaines, Moralité et compétence, Du management, Des crimes et des châtiments, De l’art de la guerre, Essor et déclin d’un empire, De l’art de former la nouvelle génération, De la postérité) qui est présentée de la même manière : une citation liminaire (portant sur le sujet et d’un autre auteur que l’empereur), une présentation du thème, les extraits des entretiens de l’empereur assez longs pour faire "histoire" et porter la pensée de l’empereur, et une réflexion finale qui subsume la pensée. Il réforme le droit, l’administration, lutte contre la corruption, est magnanime avec ses adversaires et avance avec une détermination franche et solide sur l’idée de grandeur qu’il veut donner de la Chine, contre ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

 

Le livre se termine par une biographie de l’Empereur, qui met en avant ses qualités humaines sans craindre de rappeler que son accession au trône qui fut possible parce qu’il assassinat son frère aîné.

 

Quelle est la sagesse issue des entretiens de l’Empereur et de ses conseillers ? et comment peut-elle être utile aujourd’hui aux dirigeants ? d’abord qu’aussi puissant et doué soit-il, le dirigeant doit savoir s’entourer, déléguer, entendre les critiques et  laisser s’exprimer les avis divergents (l’Empereur alla jusqu’à établir un ministère des remontrances…) et penser au bien commun avant son bien propre. L’exemple de Tang Taizong est une opportunité sur laquelle bâtir son propre destin, pour tout dirigeant, quel qu’il soit (d’association, de parti politique, d’entreprise, d’équipe sportive, etc., voire même le pater familias) dès lors qu’il accepte de se remettre en cause toujours et toujours engager toutes ses forces pour le bien commun et la pérennité de ce que nous avons la responsabilité de diriger, c’est-à-dire de mener à être meilleur.


 

 

Loïc Di Stefano

 

Chinghua Tang, Le Guide de l’empereur Tang, sagesse d’hier pour leaders d’aujourd’hui, traduit de l’anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère, Flammarion, février  2017, 207 pages, 16 eur

Aucun commentaire pour ce contenu.