Croire en l'histoire, un débat épistémologique


 

Un parcours intellectuel

 

Ancien élève de Jean-Pierre Vernant, François Hartog a tout d’abord beaucoup travaillé sur l’histoire intellectuelle de la Grèce antique (Le miroir d’Hérodote, essai sur la représentation de l’autre, Gallimard 1980 et réédition en 2001) et l’historiographie qui en a découlé, avec Fustel de Coulanges notamment. On lui doit aussi le développement du concept d’historicité, défini comme « les modes d’articulation du passé, du présent et du futur » dans son livre

gimes d’historicité (Seuil, 2003).  En 2013 est paru chez Flammarion Croire en l’histoire, repris en poche en novembre dernier dans la collection « Champs ».

 

De l’Histoire à l’histoire en passant par la mémoire et le roman

 

Dans cet ouvrage, Hartog commence par revenir sur la place de l’Histoire, avec un « h » majuscule aux XIXe et XXe siècles et à sa progressive remise en cause, en particulier face à la montée des « mémoires » ces trente dernières années. Hartog, après un détour par le roman et des romanciers qui ont aussi participé à l’écriture de l’histoire (Tolstoï, Chateaubriand), analyse que la crise actuelle de l’Histoire est liée à celle de l’idée de progrès et d’avenir, très liée au marxisme (qui lui-même le tenait d’Hegel). Pour autant, l’histoire (sans « h ») désormais désacralisée répond aujourd’hui à une demande du public, lié à la crise identitaire (qui peut amener au repli) mais aussi à un besoin très humain de se relier au passé et de comprendre un présent dont l’Europe est de plus en plus exclue. Voici un essai passionnant, qui mérite d’être discuté par chacun de nous. A découvrir ;

 

Sylvain Bonnet

 

François Hartog, Croire en l’histoire, Flammarion « champs », novembre 2016, 304 pages, 10 €

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