Dark knight : Last crusade

Bruce Wayne a vieilli et malgré ses efforts, Gotham City est toujours une ville noire et corrompue. Et si Batman n’a pas ménagé ses efforts, sa croisade semble sans fin. Il a pris sous son aile un jeune garçon intrépide qui pourrait bien reprendre le flambeau de la lutte contre le crime. Seulement, Robin alias Jason Todd est trop fougueux. Alors que leur dernière enquête les mène sur la piste de Poison Ivy, pendant ce temps, à l’asile d’Arkham, le Joker prépare son évasion…

 

Alors que la publication de Dark Knight III n’est pas encore terminée, Frank Miller et Brian Azzarello nous proposent une préquelle à The Dark Knight Returns. Ou plus précisément de nous montrer une période de la vie de Batman AVANT les événements de Dark Knight Returns. Miller et Azzarello choisissent de concentrer leur intrigue autour des rapports entre Bruce Wayne et Jason Todd. Dans DKR, on apprenait au détour d’une case que Jason Todd était mort, et que Batman rechignait à prendre un nouvel acolyte suite au traumatisme de son décès.

 

L’enquête autour de Poison Ivy et Killer Croc est donc ici un prétexte à montrer le dynamic duo en action. Bruce Wayne s’interroge et se demande s’il a fait le bon choix. Même le lecteur peut être inquiet quand Robin paraît prendre un malin plaisir à tabasser les criminels. Malheureusement, le format très court du récit ne permet pas vraiment de creuser plus le personnage, ni de s’y attacher. Une autre pointure du Batverse joue un rôle discret mais important : Catwoman. Via une poignée de rapides dialogues intimistes avec Batman, Miller et Azzarello approfondissent leurs personnages. Quant à Poison Ivy et Killer Croc, ils ne sont ici que des faire-valoir.

 

Et puis il y a le Joker, enfermé à l’asile d’Arkham, et qui attend son heure pour s’évader. Ne pas se fier à la couverture, puisque le Joker n’est pas le personnage principal du récit. Miller et Azzarello l’utilise comme un compte à rebours, pour tendre progressivement la situation. En effet, on sait (The Dark Knight Returns, toujours) que le Joker va tuer Robin après son évasion. Un meurtre que les scénaristes relèguent dans le hors-champ, comprendre qu’on ne verra jamais le meurtre. Une utilisation du personnage très simple, donc, mais qui permet tout de même quelques jolies fulgurances.

 

J’adore John Romita Jr et j’étais particulièrement content de le retrouver aux dessins. Frank Miller et lui ont écrit par le passé l’une des plus belles histoires de Daredevil. Respectant le récit d’origine, Romita Jr réutilise la charte graphique de DKR, dans le découpage et la narration. Urban Comics a eu la bonne idée d’ajouter les planches originales sans encrage du dessinateur. Pour ma part, j’en viens même à les trouver plus belles que la version finale. Pour les néophytes des comic-books, c’est aussi l’occasion de mieux comprendre le travail de l’encreur et du coloriste.

 

Très ramassé (une soixantaine de pages), ce Last Crusade n’est pas mauvais. C’est même un bon comic-books, appliqué et respectueux avec une écriture et un dessin solides. Mais cela reste une préquelle très dispensable : elle n’apporte rien à The Dark Knight Returns, hormis des points de détails et le plaisir de retrouver le canon « millerien » de Batman. Vu sous cet angle, certains lecteurs pourront être déçus, regrettant de ne pas y retrouver le souffle épique de l’œuvre d’origine.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Frank Miller, Brian Azzarello (scénario), John Romita Jr (dessin)

Dark knight : Last crusade

Édité en France par Urban Comics (27 janvier 2017)

Collection DC Essentiels

128 pages couleurs, papier glacé, couverture cartonnée

14,00 euros

ISBN : 9791026810827

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