Le métier d'être : Simone Simon

Simone Simon propose un travail rigoureux. De premier abord il peu paraître froid et distancié. Mais c'est de fait parce que l'artiste ne triche pas et se refuse à tout voyeurisme, grandiloquence ou prurit de l'égo.

Celle qui fut longtemps photographe de mode se consacre à un travail désormais personnel mais empathique. Elle a déjà témoigné du quotidien des femmes de la  banlieue de Nice. L'humain est toujours au centre de son travail comme elle le fit déjà dans son court métrage Boxing Club, ou avec son projet Ne regardez pas le renard passer ou aujourd'hui Nu.
Mais elle explore aussi et comme en écho l'architecture en friche de certaines villes d'Europe avec Souriez, on se détruit, Ainsi va la lumière.

Simone Simon mêle mêle photographies, vidéos, enregistrements sonores et témoignages écrits. Chacun de ses projets est opératique. Il s'agit de rendre compte d'une réalité brute et sociale mais de manière poétique. Ses propres souvenirs enfouis d’enfance ne sont jamais loin. Existe une nostalgie qui empiète sur le temps présent. Par exemple dans ses doubles portraits de visages d’enfants et d’adultes.

Se fondant sur la participation d’anonymes, l’artiste met en relief des images une réalité subjective dans laquelle chacun peut se retrouver. Avec son nouveau travail de de photographies et de témoignages, elle a réuni une trentaine de femmes qui entretiennent des rapports compliqués avec leur corps.
Posant nues dans un cadre qui leur est intime, ces anonymes affirment leur volonté de liberté : elles s’élèvent contre les impératifs esthétiques aliénants. Le tout sans le moindre sentimentalisme ou militantisme politique. L'artiste elle-même reste libre dans ses exercices de bienveillance et de lenteur propre à fabriquer la poésie particulière de ce que Proust nomma "un temps non pulsé".

Jean-Paul Gavard-Perret

Simone Simon, Nu, galerie Eva Vautier, Nice, été 2019

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