Dans la peau d’un soldat – De la Rome antique à nos jours

Le Musée de l’Armée, à Paris, propose jusqu’au 28 janvier 2018 l’exposition Dans la peau d’un soldat – De la Rome antique à nos jours. Enchâssé dans une jaquette à l’américaine qui reproduit les éléments réglementaires du paquetage du soldat français (hiver 1939) cet étonnant catalogue est à l’image de l’exposition qui développe son sujet sur le temps long, ces deux millénaires durant lesquels les Hommes n’ont cessé de se battre.
Ainsi sont mis en évidence les évolutions, les ruptures techniques, tactiques, culturelles qui séparent les combattants d’aujourd’hui de ceux de l’Antiquité. Postulat qui facilite aussi la mise à jour des constantes liées aux traditions séculaires, voire à des données psychologiques, autrement dit à l’humanité du soldat au-delà des âges.
Car, n’en déplaise aux puissants bien au chaud dans leur bureau calfeutré, ce sont encore et toujours des êtres humains qui vont mourir aux champs d’honneur pour, trop souvent, de viles raisons…

La question – trop souvent occultée – des campagnes, donc des attentes, des guerres dites de position est ici largement évoquée. Le combattant est ici aussi présenté avant et après le combat, dans toute l’absurdité de cette attente qui n’en finit pas au point de pousser les plus fragiles à vouloir en finir coûte que coûte, quitte à se précipiter de manière absurde vers une mort certaine.
Le soldat est donc bien plus un anti-héros qu’un superman comme trop de films l’ont montré. Il retrouve ici sa juste place parmi les siens dans le calvaire de ces chemins hérissés de barbelés que sont les campagnes militaires.

Le titre de cette exposition provient du livre éponyme de Harry Parker, paru en 2016, retraçant l’expérience, pour le moins limite, de cet historien qui s’engagea dans l’armée pour se tester et revint d’Afghanistan avec… deux jambes en moins. Preuve que l’armée n’est pas un camp de scouts et faire la guerre n’a rien à voir avec un cours d’exercice physique.

Ainsi donc le soldat s’entraîne, se déplace, attend, marche, attend encore et trompe l’ennui, encore et encore. Pour l’y aider, le fameux paquetage qui évolue au fil des années malgré un poids stable – dans les trente-cinq kilos – dans lequel reposent deux jours de vivres, des effets personnels, des munitions…
Confronté aux mêmes nécessités vitales depuis l’Antiquité, le soldat a également toujours été soucieux de se sentir partie prenante du groupe de camarades au sein duquel il exerce son métier de fantassin, et ainsi de se démarquer de cette masse de civils dont il est censé assurer la défense.

 

François Xavier

 

Collectif, Dans la peau d’un soldat – De la Rome antique à nos jours, 195x254, broché avec jaquette américaine, 350 illustrations, Gallimard, octobre 2017, 256 p. – 29€

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