Fin de cycle pour John Constantine

Nouveau départ pour John Constantine, le détective-sorcier ? Direction New York pour reconstruire une nouvelle vie, après sa rupture avec Kit Ryan. Mais Constantine attire les ennuis, les gros ennuis aux États-Unis comme en Angleterre…

 

Après deux très bons tomes, revoici les dernières aventures de l’anti-héros John Constantine sous la houlette du scénariste britannique Garth Ennis. Le détective de l’occulte le plus charismatique du petit monde des comic books se rappelle à notre bon souvenir grâce à d’excellentissimes scénarios, toujours dessinés par un Steve Dillon au sommet de sa forme (sommet qu’il retrouvera sur Preacher, avant de décliner, avouons-le, lorsqu’il est passé chez Marvel).

 

Les intrigues d’Ennis et Dillon semblent être encore montées en puissance, comme sublimées par leur succès alors naissant (ces histoires datent de 1994), lié autant à la qualité intrinsèque du titre qu’au bouche à oreille. Un retour explosif et jouissif ; chaque épisode est l’occasion de savourer l’inventivité du tandem à l’origine de cette modernisation d’un personnage inventé à l’origine par Alan Moore. Et évidemment, on y retrouve les marottes du scénariste : l’amitié et les bars irlandais !

 

Comme à son habitude, Garth Ennis réussi à développer tout à la fois un univers occulte intriguant et original, et un humour à froid d’un cynisme absolu, à l’instar des deux premiers tomes. Avec un encrage un peu plus gras à cette époque, Steve Dillon confère à Constantine, l’un des plus beaux salauds des comic books, une profondeur inquiétante.

 

Un mot enfin sur l’objet en lui-même : ce tome 3 est un énorme pavé (544 pages !!), d’une qualité irréprochable. Et vendu au prix étonnant et imbattable de 28 euros.

 

La connivence entre le scénariste et le dessinateur, alors naissante, trouvera donc son point d’orgue dans le comic book culte Preacher. Constantine tire (provisoirement) sa révérence sur un dernier coup, mis en image avec une rare intelligence. Difficile de bouder son plaisir. Les amateurs se tourneront vers l’album « Warren Ellis présente Hellblazer » et « les dossiers Hellblazer » pour le prolonger. Croisons les doigts pour qu’Urban Comics ait la bonne idée de rééditer les premiers épisodes pré-Ennis.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

Lire la chronique de Garth Ennis présente Hellblazer, tome 1

Lire la chronique de Garth Ennis présente Hellblazer, tome 2

 

Garth Ennis (scénario), Steve Dillon (dessins)

Garth Ennis présente Hellblazer, tome 3

Édité en France par Urban Comics (1er avril 2016)

Collection Vertigo Signatures

544 pages en couleurs sur papier mat sous couverture cartonnée

28 euros

ISBN : 9782365778527

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