Preacher, tome 4

Il y a une semaine, le 22 octobre 2016, nous apprenions le décès du dessinateur britannique Steve Dillon. Mes chroniques étant parfois rédigées plusieurs semaines avant leur publication sur Le Salon Littéraire, je n'évoque pas sa disparition dans cette chronique. Toutes nos pensées vont bien entendu à sa famille et ses proches.

 

Investi d’un pouvoir divin, Jesse Custer poursuit sa quête de Dieu sur les routes des États-Unis, accompagné de Tulip, sa copine, et de Cassidy, son pote irlandais vampire. Mais nos trois héros vont très vite retrouver en travers de sa route de vieilles connaissances : Herr Starr, tout juste promu chef des forces armées du Graal, et le Saint des Tueurs compte bien leur rendre la monnaie de leur pièce. Violemment.

 

On ne redira jamais assez à quel point cette série, Preacher, est devenue au fil du temps incontournable à tout lecteur de comics-books. D’abord parce qu’il s’agit d’une des séries les plus irrévérencieuses de l’histoire du média (avec aussi, avouons-le, un côté « sales mômes » très approprié). Et ensuite parce qu’on tient là probablement un des meilleurs travaux du duo Garth Ennis/Steve Dillon, situé chronologiquement après leur passage sur Hellblazer et avant leur intervention sur le Punisher de Marvel.

 

Ce tome 4, c’est un peu le volume de la maturité. On peut dire qu’Ennis a posé ses bases dans les trois premiers albums et que, maintenant il s’amuse avec ses jouets, comme un gosse (rappelez-vous, « sales mômes », j’ai dit). On connaît donc maintenant parfaitement les protagonistes, ils ont tous des raisons de se détester (Herr Starr en tête). En quelque sorte, Ennis n’a plus qu’à laisser courir ses idées les plus délirantes, rehausser le tout avec des dialogues piquants et savoureux, et le tour est joué. Ça a l’air simple dit comme ça ; en réalité, peu de scénaristes sont capables de le faire de manière aussi efficace.

 

La bonne idée d’Urban Comics, c’est d’avoir publié ici une poignée d’épisodes spéciaux : The Story of You-Know-Who, The Good Old Boys et One Man's War. Bonne idée, car ils permettent d’approfondir certains personnages sans que le rythme de la série principale s’en ressente. Ennis y développe un peu plus Jody et T.C., les bourreaux d’enfance de Jesse Custer (dans le genre « ordures » qu’on adore détester, on ne fait pas mieux) ou bien encore le malheureux Tête de Fion. Des personnages qui prennent au fur et à mesure une dimension nouvelle.

 

Les amateurs de Jesse Custer peuvent donc se jeter sans problème sur ce quatrième tome, les aventures de Jesse Custer et ses potes n’ont pas fini de faire grincer des dents, d’énerver, d’étonner mais surtout de nous faire plaisir. Une valeur sûre.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

Lire la critique du tome 2

Lire la critique du tome 3

 

Garth Ennis (scénario), Steve Dillon (dessin)

Preacher, tome 4

Édité en France par Urban Comics (26 août 2016)

Traduit par Jérémy Manesse

Collection Vertigo Essentiels

28,00 €

392 pages en couleurs, papier mat, couverture cartonnée

EAN : 9782365779234

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