A Train Called Love, tome 1

Harcelée au téléphone par son voisin voyeur, Valérie craque : elle décide de lui rendre visite armée d’une batte de baseball. Mais, elle arrive chez lui pour découvrir le cadavre de son voisin, assassiné par Myles, un agent secret britannique. Et entre Valérie et Myles, c’est immédiatement le coup de foudre. Pas facile à assumer quand on se retrouve face à deux hommes de mains allemands venus eux-aussi régler son compte au voisin, mais une toute autre raison…

Beverly, la sœur de Valérie, s’interroge sur sa relation avec Marv, un crétin amateur de films pornos mettant en scène des chevaux. Mais Penny va rapidement avoir un autre sujet d’inquiétude. Marv et ses potes ont imaginé un plan tout ce qu’il y a de plus foireux pour gagner rapidement de l’argent : voler de la cocaïne à des fédéraux pour le revendre au gang du coin…

 

Garth Ennis change de style : « A Train Called Love est une histoire que j’avais envie de raconter depuis longtemps, en grande partie parce que les gens n’arrêtaient pas de me demander d’écrire une histoire romantique. J’ai compris à la longue qu’ils ne lâcheraient pas l’affaire. Alors j’ai fait la liste de ce que j’avais envie d’y mettre : des flingues, des gangsters, des embrouilles, des membres du KKK, des films pornos zoophiles, des criminels allemands cinglés, des appels téléphoniques obscènes, des tarées, des blaireaux, des séducteurs, des vedettes de cinéma, de la cocaïne, le terrible gang de Williamsburg, de la taxidermie, de l’incontinence, de l’amour à sens unique, et un gros lapin blanc à qui il arrive du grabuge dans un escalator. Et avec tout ça, je voulais raconter les hauts et les bas de l’Amour ».

 

Plus qu’une comédie romantique, A Train Called Love est une intrigue prétexte à un déballage d’idées disparate. Au début, le titre papillonne d’un personnage à l’autre, et Ennis semble se diriger son histoire vers une galerie de portraits. Et puis, petit à petit Ennis réunit les personnages ou du moins explique les liens qu’ils entretiennent. Du coup, le démarrage a un petit côté brouillon.

 

Rappelons qu’Ennis aime varier les plaisirs puisqu’il a déjà écrit du western, de l’horreur, des récits de guerre, de la science-fiction… Cet essai sur la comédie sentimentale, s’il n’est pas déplaisant loin de là, souffre d’un problème de fond. On ne peut pas dire que le style provocateur de Garth Ennis se marie bien au genre comédie romantique. Il y a donc des fulgurances trash (pas si nombreux), et des propos clairement provocateurs (qui tombent souvent dans la facilité ou la répétition). De quoi déstabiliser les nouveaux lecteurs qui ne connaîtraient pas Ennis et s’attendent peut-être à quelque chose d’un peu plus sage vu le titre. Mais une partie des amateurs du style d’Ennis risquent eux d’être déçus : on est très loin du ton acide de The Boys, pour n’en citer qu’un seul.

 

Mark Dos Santos est un dessinateur peu connu en France, qui a d’abord travaillé dans le dessin animé. Un CV qui ne surprend pas : son trait fortement influencé par les cartoons donne à A Train Called Love un petit côté drôle et accessible, qui contraste avec les dialogues parfois crus d’Ennis.

 

On a connu Garth Ennis en meilleure forme.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Garth Ennis (scénario), Mark Dos Santos (dessin)

A Train Called Love, tome 1

Édité en France par Panini France (21 septembre 2016)

Collection Best of Fusion

Traduit par BenKG (studio Makma)

128 pages couleurs sur papier glacé et sous couverture cartonnée

14,95 euros

ISBN : 9782809457689

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