Punisher – Édition 20 ans : sale boulot

Punisher – Édition 20 ans : sale boulot - couverture

Quand les auteurs de l’irrévérencieux Preacher s’attaquent au Punisher, l’anti-héros sulfureux de Marvel, cela donne un comic book violent et sarcastique. Une réussite !

Le Punisher apparaît au milieu des années 70 dans la série Amazing Spider-Man. Au cours de ses premières apparitions, Frank Castle est un adversaire de l’Araignée franchement inspiré par Harry Callahan de L’Inspecteur Harry de Don Siegel ou bien encore du vengeur joué par Charles Bronson dans Un Justicier dans la ville. Le Punisher incarne la vengeance et la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent : Castle ne cherche pas à remettre dans le droit chemin ni même à emprisonner les vilains. Il préfère les flinguer, purement et simplement. D’une certaine manière, en évoluant dans un milieu urbain plus réaliste que la moyenne des comics, le Punisher symbolise presque la face cachée des justiciers « boy-scout » de Marvel.

 

« Dis-leur de passer le secteur au crible jusqu'à ce qu'ils trouvent le Punisher.

Et quand ils l'auront, je le veux vivant. Je vais torturer ce psychopathe.

Le faire mourir à petit feu… Puis je violerai son cadavre pendant toute une année. »

Revenu de l’Enfer

En 1998, le personnage est repris par les scénaristes Christopher Golden et Thomas E. Sniegoski, et surtout le dessinateur Bernie Wrightson (disparu en mars dernier). La nouvelle version du Punisher introduit des éléments surnaturels (comme les anges et les démons) qui détonnent avec l’atmosphère polar noir et urbain du personnage. Ce remaniement du personnage ne séduit pas les lecteurs et la série se termine après 4 petits épisodes.

Un an plus tard, Marvel a alors la bonne de confier une nouvelle série Punisher à un duo d’artiste réputé pour son irrévérence : Garth Ennis et Steve Dillon, les auteurs de Preacher. Cette édition spécial 20 ans regroupe les six premiers épisodes

 

Punisher – Édition 20 ans : sale boulot - extrait VO

 

Les auteurs de Preacher aux commandes

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le traitement d’Ennis et Dillon est radical. Frank Castle redevient un psychopathe prêt à tout pour éliminer les criminels. Évidemment, les auteurs ramènent avec eux un style assez proche de Preacher. On y retrouve leur cynisme, leur violence, leur noirceur et des punchlines savoureuses. Si tout cela est un peu édulcoré (Marvel est bien plus grand public que Vertigo), on est parfois surpris de voir jusqu’où l’éditeur mainstream les a laissé aller.

 

 

Retour aux affaires

Dans ces épisodes, le Punisher affronte le général Kreigkoff, un ancien militaire américain à la tête d’une petite armée de mercenaires psychopathes. Ce dernier a pour mission de tuer Frank Castle et lâche à ses trousses « le Russe », un soldat renforcé par des implants cybernétiques. Le Punisher pourra-t-il venir à bout de ces adversaires ? Et surtout, qui peut bien vouloir sa mort à ce point ? Garth Ennis et Steve Dillon troussent ici un récit complet savoureux et rythmé, qui ne décevra pas les amateurs d’actioners déjantés. Cette version du Punisher influence la quasi-totalité des récits du Punisher écrits depuis, et la série Netflix homonyme. Vivement conseillé.

 

Punisher – Édition 20 ans : sale boulot - extrait VO

 

► Et maintenant ? Garth Ennis au cinéma dans Cinema Purgatorio !

 

Stéphane Le Troëdec

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Les références

Garth Ennis (scénario), Steve Dillon (dessin)

Punisher – Édition 20 ans : sale boulot

Édité en France par Panini France (14 juin 2017)

Traduit par Nicole Duclos

Lettré par RAM

Collection 20 ans Panini Comics

16,00 €

152 pages en couleurs sur papier glacé et sous couverture cartonnée

EAN/ISBN : 9782809463866

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