Gilles Berquet : la Grande Autre

Au sein de l'éclatement des procédures photographiques, Gilles Berquet propose des circuits où diverses possibilités de création se croisent. Néanmoins le photographe a horreur des effets.
Toute l’œuvre fait jaillir la "chose" qui fait le lien avec tout le reste : l’amour. Celui-ci crée des liens imprévus preuve que toute image consistante est une fenêtre ouverte sur un monde auquel elle seule a accès. Il reste le plus dangereux, le plus imprévisible et chargé de folie et de beauté.

L’œuvre appelle en conséquence la puissance de l'éros.
L’éros est le seul "salut" terrestre. Il permet de supporter les ruptures dans la réalité. Il crée aussi des abîmes métaphysiques où la nature du temps se dévoile. Celui-ci est moins un état qu’une énergie. Berquet sait que l’épris ou l’éprise devient un oiseau : il tend le cou et entend un chant qu’il ou elle n’attendait pas.
L’artiste le met en image puisque - à ce point - l’être est sans voix.

Le photographe scénarise ceux qui ne se contentent pas de croupir dans la médiocrité.
Et ce dans une aspiration et le respect de la vie et non des idéologies. Il donne présence à la lumière du corps en des poses intempestives et formes qui creusent les images admises. Preuve que l’amour, sous toutes ses formes, est la chose la plus importante à laquelle nous soyons jamais confrontés.
C’est aussi le seul "salut" terrestre. Berquet en présente les cérémonies les plus secrètes.
La femme reste à ce titre la conquérante, la vénéneuse. L’homme en parcourt son feu, son émeraude, son oasis d'ambre. Elle est l'amante, la matricielle, le corail des songes en échappant à la pudeur du lin et des vagues.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Gilles Berquet, Vintage Prints, Galerie Bertrand Grimont, "Paris Photo", 8 au 12 novembre, Grand Palais.

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