Aphrodite Fur met le paquet

 

Chez  Aphrodite Fur, sculptures phalliques ou empreintes ovariennes, animées ou non, vidéos faussement (ou franchement) équivoques ont toutes un air de famille. De tels lieux manifestent une communauté d’esprit pour placer le voyeurisme sur d’autres gonds. Histoire de créer – par grincements - d’autres ouvertures. L’absence de couleur (vidéos en noir et blanc), humour, légèreté font flotter les corps.

Aphrodite Fur travaille toujours par tâtonnements, abandons et surtout trouvailles. Belle de cas d’X l’image n’est pas donnée selon les canons représentatifs officiels. Avec l’artiste elle évolue en puissance de feu (par forcément où l’ont dit parfois qu’il est le plus fort). L’œuvre devient un grand jeu de Mikado dans lequel l’artiste pioche tasseaux ou blocs de corps pour le chorégraphier dans l’espace. Non seulement elle dessine dans l’espace mais « de » l’espace. La matière ou le corps aménage un solécisme et une farce dérégulée des normes voire de la convention de nos sens. Aphrodite Fur écarte l’orthonormie, réévalue différents élans. Il n’existe qu’un ordre à adresser au voyeur : gare  à la chute ! Car il lui faut réapprendre à avancer là où l’éros ne marche plus au pas militaire mais militant.

Jean-Paul Gavard-Perret

Fur Aphrodite, « Salo V », Galerie Episodique, Paris, du 2 au 5 juin 2017.

 

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