Zenith, tome 1

De la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin des années 60, l’Angleterre a été le fief de super-héros contestataires. Mais de nos jours, ils ont presque tous disparu. Robert, star de la chanson, alias Zenith, est le fils de deux de ces super-héros et possède, lui aussi des super-pouvoirs. Seulement, quand une menace cosmique ressurgit et menace de détruire notre univers, les vieux super-héros, qui s’étaient rangés, battent le rappel et se tourne vers le jeune homme. Malheureusement, ce dernier s’avère égoïste et plus qu’immature…

 

Si le grand public connaît la carrière américaine de l’auteur à succès Grant Morrison, il méconnaît généralement sa carrière britannique qui recèle quelques petits joyaux comme Zenith. Urban Comics nous propose de découvrir cette série dans un grand format noir et blanc qui donne un cachet indéniable au titre.

 

Zenith est la première série régulière écrite par Grant Morrison pour le magazine britannique 2000 AD, dans lequel fut publié le célèbre Judge Dredd ou bien encore ABC Warriors parmi d’autres merveilles. Croisons les doigts pour que l’initiative d’Urban Comics permette la publication d’autres séries phares de 2000 AD.

 

Zenith a été écrit, d’après Grant Morrison, en réaction à la vague du grim and gritty initiée par des comic-books à succès comme Watchmen ou The Dark Knight Rises (tous deux disponibles chez Urban Comics). Comprendre des histoires dans lesquelles l’image du super-héros est écorchée, et dans lesquelles les justiciers montrent un visage au mieux tourmenté et au pire psychotique. Il y a parfois dans les histoires de Morrison la volonté de faire revivre un idéal super-héroïque. Je pense notamment à son extraordinaire All-Star Superman, à mon avis son travail le plus abouti à ce jour.

 

Zenith se situe dans cette veine, et Morrison parvient en plus à rendre très finement hommage aux comic-books tout en insérant des références à d’autres univers voire à la culture anglaise. En ouvrant cet album, on n’imagine pas nécessairement y trouver de grosses allusions à H.P. Lovecraft et au mythe de Cthulhu, ou bien encore aux Beatles.

 

L’autre grande réussite de ce premier tome, ce sont les dessins de l’artiste Steve Yeowell. Entièrement en noir et blanc (sans nuances de gris), le style de l’artiste colle parfaitement au ton choisi par Morrison. Pour des épisodes datant d’une trentaine d’années, l’ensemble se lit encore très bien et n’a pas vraiment pris de rides.

 

Zenith est très loin de certains « délires » illisibles et incompréhensibles dans lequel le scénariste verse parfois (de tête : The Filth ou Multiversity). C’est une série bien écrite, accessible et qui, quand elle a été écrite à la fin des années 80, cherchait à réactiver le genre super-héroïque « lumineux ». Et comme ça ne tombe jamais dans la mièvrerie, voici un titre que je vous recommande chaudement.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Grant Morrison (scénario), Steve Yeowell (dessin)

Zenith, tome 1

Édité en France par Urban Comics (16 septembre 2016)

Traduit par Laurent Queyssi

Collection Urban Indies

19,00 €

232 pages en n&b, papier mat, couverture cartonnée

EAN : 9782365778237

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