Grégory Rateau l’imprécateur

Grégory Rateau est hurleur pour crier la détresse. Il y a parfois dans sa musique verbale particulière un jazz qui n’est pas d’ascenseur. Objets de sa déchéance première et d’un mépris certains de ceux dits amis, il pratique l’exil volontaire pour renaître et survivre loin des vaines gesticulations des gants de boxe décoratifs de certains poètes de salon. Il se veut survivant calé entre le sage et le criminel.
D’un côté les cerbères, de l’autre les sachants. Mais ces espèces n’ont pas d’emprise pour lui. Jadis freak en sa jeunesse il se bat à sa manière. Et ce entre Villon et Martin Eden, comme entre ses illusion et ses passe par un hublot  car pour une petite pimbêche il peut se muer en poisson.
Jadis bouc-émissaire le poète écrit en manière de survivance face à ceux (parents compris) qui l’ont renié une fois chose faite (entendons sa propre conception, quatre jambes en l'air. N’en reste que le ridicule et la confusion, sous l’étau de haine et de peur.  Un acharnement reprend : ce n’est pas forcément le bon. Mais reste à tenir via la course à pied, le cinéma et le reste.
Se sentir désiré est important mais mieux encore se sentir compris. Même aux enfants mal-élevés. Et que Jeunesse revienne sans caresser pré mortem des éloges funèbres. Que le poème soit ! Et le tout hurler si nécessaire, duel après duel, ivre de légende pour parier sur le futur oubliant des échecs. Tout demeure : Même si se tromper est possible.

Jean-Paul Gavard-Perret

Grégory Rateau, De mon sous-sol, éditions Tarmac, janvier 2024, 52 p.-, 10€

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