Claude Tabarini : peur et courage

Claude Tabarini accorde à Genève et ses environs une clarté qui est lumière et non éclairage. Ce dévoilement ignore ni l'exclusion, ni la solitude. L'auteur connaît les frontières du pathos mais il le détourne afin d’établir l'équilibre entre l'ellipse, sa suggestion et l'énoncé complexe  porté vers l’apparition qui n’a rien de pieuse. L’homme se lézarde. Ses volets battent. La peur monte avec le courage. Aucun mot n’est assez tendre pour faire revenir l’enfant qui s’est perdu dans sa tête.
Néanmoins, demeure la nécessité du secret et l'impératif de la monstration. Que cherches-tu? dit en  substance le poète. Qui suis-je ? répond celui qui lit son livre. Mais encore ? reprend le premier. Vous montrez tout ce qui manque, échappe ajoute le second. Mais dans ce but il regarde la voûte du ciel, à côté du dernier petit matin d’automne – où le rouge doux des feuilles mortes gardent leur secret – Tabarini regarde l’abîme. Par l'aube il refait le monde contre le joug des ans. L’hiver transforme en flocons les graines de son règne.

Jean-Paul Gavard-Perret

Claude Tabarini, Rue des gares et autres lieux rêvés, Héros Limite, 2023, 128 p.-, 18€

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