Strip9, "Plein d’auteurs tout neufs !" : lancement officiel d’un nouveau magazine BD et rencontre avec son créateur (1/2)

Enfin ! Je tiens entre les mains le tout premier numéro de Strip9, un nouveau magazine bimestriel consacré aux bandes dessinées et notamment, comme son sous-titre l’indique, aux jeunes auteurs en herbe !

Oui, vous avez bien compris, Strip9 est né pour dénicher les jeunes talents ! Ceux qui n’ont pas encore été découverts par les grands éditeurs (mais ça ne saurait tarder !), qui ne sont pas encore connus du grand public (mais bientôt !) et qui ont un véritable talent (découvrez par vous-même !).

 

En feuilletant pour la première fois ce magazine bimestriel (tiré à 25 000 exemplaires et distribué en kiosque dans toute la France au prix de 3,50€), je suis très agréablement surprise : il vient de naître et pourtant il a tout d’un grand ! Super couverture brillante, très bonne qualité de papier, dessins en couleur et choix de BD variés et valorisants ! J’ai particulièrement aimé l’aspect personnel et sans prétention des collaborateurs du magazine : edito du redac’ chef sous format BD qui nous révèle avec humour les déboires de la création d’une entreprise, c’est-à-dire les merveilleuses aventures en compagnie des administrations (beaucoup d’entre vous s’y reconnaîtront !), et présentation ludique des dessinateurs/scénaristes du numéro en cours. Bonne idée également : le jeux-concours pour permettre à tous les lecteurs (qui aimeraient enfin dévoiler au grand jour leurs gribouillis cachés depuis des années au fond d’un tiroir…) de tenter leur chance et d’être publiés (s’ils sont sélectionnés !).

 

Je pourrais bien sûr reprendre toutes les informations du site très réussi (allez y faire un tour : www.strip9.fr) et en faire un copier/coller mais franchement, entre nous, n’est-ce pas plus sympa d’aller rencontrer le créateur du magazine himself ? J’ai nommé : Cube alias Jérémy Beccu qui m'a livré ses réponses sur le vif !

 

Peux-tu nous présenter Strip9 ? Quel est son concept ?

Le concept de Strip9 peut se résumer assez facilement : de jeunes auteurs talentueux encore peu connus du grand public, des graphismes qui sortent de l’ordinaire et une maquette plus adaptée ! Plus de BDs et moins de rédactionnel, le tout sur un ton humoristique.

 

Comment as-tu eu l’idée de lancer ce magazine ?

Je voyais régulièrement que des auteurs vraiment prometteurs ne perçaient pas et, n’ayant moi-même pas le niveau pour passer pro, je me suis dit que c’était l’occasion de poser une pierre à l’édifice de la BD. En parallèle je voyais de nouveaux graphismes émerger. Etant graphiste moi-même, ça faisait longtemps que j’attendais des BDs qui exploitent les outils PAO comme photoshop ou Illustrator. La musique et les films d’animation utilisent depuis longtemps l’outil informatique, pourquoi la BD est-elle autant “en retard”?

 

  Pourquoi avoir choisi de te lancer dans cette aventure ?

J’en avais marre de faire des flyers, logos et autres visuels affreux pour des clients qui n’y connaissent rien, c’était l’occasion de faire quelque chose de vraiment passionnant et de faire évoluer la BD !

Il y a un an quand j’ai eu cette idée, j’avais déjà un pote, Artkore, qui avait monté sa maison d’édition et lancé son magazine lui-même. Initialement il devait éditer le projet, ça a finalement été plus compliqué que prévu et j’ai monté ma propre structure avec ses conseils. Il m’a aidé jusqu’au bout, on peut le considérer comme le parrain de Strip9 et il est mort 2 jours après la sortie du magazine...

 

D’après toi, qu’est-ce qu’il manquait sur le marché de la BD et qui t’a poussé à créer Strip9 ?

Je pense qu’il manquait un nouveau souffle dans les magazines de BDs. Ils se reposaient sur leurs lauriers alors que le graphisme et le lectorat évoluent. D’ailleurs le projet a été très bien accueilli dès le début, comme si tout le monde attendait un nouveau mag.

 

Que proposes-tu de plus (ou de différent) que tes concurrents ?

De plus, c’est pas dur : des pages de BD, il n’y a pas de rédactionnel, toutes les pages (ou presque) sont consacrées à des planches de BDs.

De différent : les nouveaux auteurs. Les concurrents proposent principalement des auteurs célèbres depuis 30 ans, on les connait par cœur. Strip9 ose le pari de ne présenter que des nouveaux auteurs avec des graphismes qui sortent de l’ordinaire.

Le projet a été qualifié de suicidaire, couillu, complètement fou... Mais je me suis quand même lancé !

 

Quel est ton positionnement ?

Sur l’étagère du libraire, entre Fluide Glacial et Psykopat ?

 

Comment es-tu accueilli dans le milieu ?

C’est tout ou rien, certains sont super enthousiastes et s’engagent tout de suite à m’aider tandis que d’autres ne répondent carrément pas. C’est le tout début, je n’ai pas encore eu beaucoup de retours et certains ont sûrement de gros a priori.

 

Strip9 a-t-il un style dominant et si oui, lequel ?

Il n’y a pas particulièrement de style dominant mais une ligne éditoriale précise. Il y a plusieurs styles différents mais tous ont ce point commun de sortir de ce qu’on a l’habitude de lire. A l’image du logo qui mêle plusieurs polices très différentes mais parvient à les unifier pour créer quelque chose d’original.

 

L’humour est très présent dans tout le magazine, est-ce une condition sine qua none ?

Oui. Déjà parce que c’est ce que je préfère et c’est aussi ce qui est le plus adapté à un magazine par rapport au format. L’humour peut se décliner sous toutes les tailles d’histoires beaucoup plus facilement que les autres domaines. C’est également le ton qui parle le plus aux gens, du coup il n’y a pas eu trop d’hésitation.

 

Quel est, en quelques mots, le contenu des BD de ce premier numéro? Ce sont essentiellement des BD ou peut-on également trouver des informations sur les parutions, ou sur des auteurs contemporains ?

La quasi-totalité des gens qui achètent un magazine de BD l’achètent pour les BDs (logique), certains ne lisent même pas le rédactionnel, ce dernier a donc été réduit au minimum pour présenter le plus de pages de BDs possible, même l’édito est en BD.

Pour les news et les interviews il est aujourd’hui très facile d’en trouver sur le net, je ne voyais donc pas l’intérêt d’en remettre une couche.

Il y a juste une double page de mini interviews à la fin du magazine mais c’est plus pour se familiariser avec les auteurs de Strip9.


À suivre...


Propos recueillis par Julia Germillon (septembre 2012)

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