Exclusivité. Pétronille par elle-même : Stéphanie Hochet est un personnage de fiction

© Thierry Rateau

A l'occasion de la parution du nouveau roman d'Amélie Nothomb, Pétronille, Le Salon littéraire est assez fier de présenter en exclusivité la seule interview qu'accordera Pétronille elle-même alias la romancière française Stéphanie Hochet, avec sa retenue habituelle. Comme pour montrer que le personnage d'Amélie Nothomb, un rien insaisissable, n'est pas une pure fiction. 


Amélie Nothomb fait de vous (laissant assez d'éléments pour qu'on vous retrouve) le personnage de son roman Pétronille. Vous en avait-elle informée ?

Oui, absolument.


La part de romanesque supplante-t-elle la part de réel dans le récit ? Certaines scènes, notamment le pipi entre les voitures, pourraient vous avoir déplu.

L’enjeu pour un écrivain est de choisir entre tel ou tel détail, de prendre des faits et d’en laisser d’autres de côté, d’insister sur certains événements ou d’en aborder d’autres plus brièvement. C’est ce qu’Amélie Nothomb a fait dans ce roman. Il n’est pas question d’opposition entre le réel et la fiction mais de rendre vraisemblable un personnage en littérature. Cela dépasse la question du vrai et du faux.


Vous voilà un personnage de fiction. Quelle impression cela vous laisse-t-il ?

C’est une sensation étrange, assez proche de l’inquiétante étrangeté de Freud. En y ajoutant une dose de fierté. Pour autant je regarde Pétronille comme un personnage qui a pris son indépendance dans le texte.


Mathieu Saladin, ancien personnage de fiction d'Amélie Nothomb dans son Robert des noms propres, en a fait un disque, emprunt de nostalgie. D'autres, comme Chloé Delaume, en font leur art littéraire propre. Comment comptez-vous répondre ? Faire d'Amélie le personnage chapeauté de votre prochain roman ?

Je ne compte pas « répondre ». Sauf à vos questions, ce qui me permet de dire combien j’aime ce livre. Il n’est pas commun, il me fait penser aux aventures de François Villon, alors que pourrait-on bien rajouter ? Je ne vais tout de même pas en profiter pour m’agiter pathétiquement et me mettre en scène.  J’ai d’autres projets en littérature.


Quel impact sur votre lectorat pourrait avoir ce Pétronille ?

Je n’aime pas beaucoup le terme de « lectorat », ça m’évoque l’ « électorat » politique, une notion vaguement méprisante d’un groupe de lecteurs. D’ailleurs, je ne pense pas être un écrivain grand public et je ne dis pas ça parce que j’estimerais que me lire est difficile, intellectuel, mais certains ont reconnu être dérangés par les thèmes que j’aborde (qu’ils jugent sombres).


Propos recueillis par Loïc Di Stefano

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