Interview. Stéphanie des Horts, "Le bal du siècle" : L’Inde fascinante


Nous sommes en Inde en 1947. Le choléra, la guerre déciment des villages entiers. Chrétiens, musulmans, sikhs et hindous se battent. Dans ce pays divisé, Nina, 15 ans, est la fille d’un capitaine anglais et d’une Indienne, un mariage mixte comme il y en a beaucoup en ce temps. Folle amoureuse de Jack, Nina est déçue : l’aventurier n’a d’yeux que pour sa mère. Une tragédie racinienne sur fond de moussons, de bals et de fêtes vénitiennes, où les masques tombent. Stéphanie des Horts fait revivre un monde qui bascule dans la Partition à travers une histoire d’amour dont elle a le secret. Un roman historique enlevé, truffé de détails, où l’on croise Churchill, les princes des Mille et une nuits, Gandhi, Mountbatten, Nehru, l’Aga Khan, les stars d’Hollywood, dans le tourbillon des rumbas, sambas, chachacha et charleston.

 

D’où vous est venue l’idée d’écrire ce livre qui se passe en Inde en 1947 ?

Un voyage là bas il y a 2 ans, j’ai été fascinée par ce pays, ses couleurs, sa sensualité. Il eut été impossible de ne pas l’écrire.

 

Quel était votre projet ?

A l’origine les Indes des Maharajas, pour Foster et Ruth Jhabvala, époque fascinante s’il en est et puis j’avais écrit ce livre sur Cartier et les maharajas, clients du prestigieux joaillier. Sauf que cela ne marchait pas. La situation manquait de dramatisme, d’où la partition.

 

Parlez-nous des parents de Nina, un couple mixte. À l’époque, ce n’était pas évident !

Ce n’est pas toujours évident, surtout pour eux. À l’époque un Anglais aux Indes épousait une de ces filles qui arrivaient par bateaux entiers, une rose anglaise qui cherchait un mari. Là encore, c’est bien trop évident, les Anglais prenaient les autochtones pour maîtresses et les traitaient ainsi. J’ai voulu montrer ce qui se passait quand ils les aimaient véritablement.

 

À 15 ans, Nina est amoureuse de Jack, qu’est-ce qui l’attire chez ce garçon qui n’a d’yeux que pour sa mère ?

Justement qu’il n’ait d’yeux que pour sa mère

 

Quel genre de fille est-elle ?

Une héroïne faite de contradictions qui pense que le monde lui appartient

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le drame qui va se jouer ?

Le drame de l’amour sur fond historique, de la violence et de l’émotion, j’espère.

 

Comment avez-vous reconstitué l’Inde dans ces années terribles ?

En lisant énormément et pas seulement sur ces années terribles.

 

De quelle documentation vous êtes-vous servie ?

Kipling, Foster, Lapierre, Attenborough, des livres, des films… et tous les journaux anglais de l’époque

 

 

Pourquoi avez-vous choisi de situer l’action de la deuxième partie à Venise ?

Pour que le faste et la superficialité fassent écho à la violence et à la spiritualité

 

Quels sont les romans ou essais sur Venise en 1951 qui vous ont inspiré, Venises de Paul Morand ?

Oui principalement, mais pas seulement, il y a de très beaux livres sur les palais et la splendeur de Venise, mais Morand est incontournable.

 

Qu’évoque pour vous Venise ? En ces temps-là et aujourd’hui ?

Les courtisanes, la splendeur, quelque chose d’éphémère et d’incertain

 

Vous semblez fascinée par l’époque coloniale, en particulier les Anglais, qu’est-ce qui vous plaît tant dans ce monde-là ?

Non, je ne suis pas si fascinée que ça par l’époque coloniale, quoique. Mais j’adore les maharajas. Et j’admire Mountbatten et Nehru.

 

Propos recueillis par Emmanuelle de Boysson

© Photo : Philippe Matsas/Opale

 

Stéphanie des Horts, Le bal du siècle, Albin Michel, avril 2015, 272 pages, 18 €

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