Écrire à vue de Jacques Moulin : l’autre façon de ne rien voir

Le problème avec l’art contemporain, c’est qu’il arrive – trop – souvent que l’on se paie la tête du public : n’importe quelle production, pour peu qu’elle soit commentée, portée voire achetée – avec des visées spéculatives le plus souvent – par un tiers plus ou moins connu, et le troupeau bêle d’admiration sans même savoir ce qu’il a sous les yeux, ce que l’on tente de lui faire prendre pour de l’art alors que ce n’est… rien, du vent, pisse de sansonnet. Pas même bon à tapisser les toilettes ! Ainsi, le piège de cette couverture du dernier livre de Jacques Moulin. Attention, ami lecteur, ne fais pas comme ton serviteur, cela semble en avoir l’air mais… non, ce n’est pas une œuvre d’Hartung ! C’est un plagiat, une merde d’Adrienne Farb qui, si l’on en juge par son site – uniquement en anglais, c’est plus chic, quitte à prendre les gens pour des cons autant les prendre de haut ! – laquelle pseudo-artiste nous démontre sur sa page work qu’elle n’a AUCUNE imagination puisqu’elle peint depuis plus de quinze ans les mêmes immondes bandes colorées qui n’ont rien, mais alors, rien à voir avec la puissance de l’œuvre d’Hans Hartung comme je vous en laisse juge avec ces quelques illustrations…




Mais revenons au livre. Deuxième erreur éditoriale fondamentale : l’absence d’illustrations alors que tous ces textes ne parlent que de peinture, de peintres, de leurs œuvres, tirés de catalogues d’exposition ou inédits, mais… comment savoir de quoi il en retourne puisque ce ne sont que des artistes… inconnus – pour ne pas dire des peintres du dimanche. Benoît Delescluse ou Maurice Janin, Ann Loubert ou Carole Denéchaud, etc. demeurent dans le néant médiatique – et c’est certainement très bien ainsi… Un minimum d’images aurait, pour le moins, fortement aidé d’autant que certains textes de Jacques Moulin sont émouvants, où la métaphore s’invite et la musique de l’écriture incite à une éventuelle communion avec l’œuvre picturale : quelle frustration !

 

Las. Cet éditeur nous ayant habitués à une certaine exigence, on ira donc se pencher sur les autres titres de son catalogue.

 

François Xavier

 

Jacques Moulin, Écrire à vue, L’Atelier contemporain & Le 19, février 2016, 160 p. – 20,00 €

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