Le bénéfice du trouble chez Jean-Claude Bélégou

Pour cette exposition Jean-Claude Bélégou  présente des pièces abandonnées de son théâtre plastique et de son cheminement amoureux. La prise érotique en dresse une cartographie substantielle. Elle fait de la femme le lieu allégorique, imaginaire tout autant que réel du royaume de l’amour. Le photographe en coagule des poses dont les différents tracés coulissent entre eux. Tête, dos, bras, jambes sans oublier poitrine, ventre et sexe, rien ne manque. Mais rien ne bave. Tout « s’inscrit »  entre sévérité et douceur. Et ce au nom  du « pacte » passé avec chaque égérie. Bélégou en saisit les circonvolutions et les involutions. Tout y est soupçonné. Le noir pousse le blanc et le blanc le noir et de la couleur émerge l’entier bénéfice du trouble. Le photographe cherche toujours un état particulier afin de saisir ce qui lui échappe :  il se dépossède de lui-même pour tirer du sujet de la prise de nouvelles perfections. Au delà de l’impression esthétique érotique qu’elles suscitent les prises deviennent objet de méditation et de recueillement. Des doux secrets et des fêtes du cœur on ne saura pourtant rien sinon un pèlerinage à Cythère par effet de transfert. Mais l’île mythique n’est pas transformée en un simple parc d'attractions dont l’érotisme ne serait que le pittoresque. Il s’agit de redécouvrir un origo et de troquer l'histoire pour l'Utopie.  La femme y est convoquée dans l'exploration que l’artiste en propose sans jamais l’exploiter.

 

Jean-Paul  Gavard-Perret


Jean-Claude Bélégou, «Projets abandonnés », Immix Galerie,  espace d'art contemporain dédié aux images mixtes,  75010 Paris, jusqu'au 21 décembre 2013.

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