Jean Raspail, "Le Camp des Saints" : demain, l’apocalypse ?

N'en déplaise à mon confrère du Point, Jean Raspail n’est ni un polémiste, ni un extrémiste et encore moins victime d’un "délire xénophobe", non, bien au contraire, Jean Raspail est juste un écrivain de grand talent qui a eu une vision, un poète maudit du siècle dernier qui prédisait les maux futurs de la cité dans la grande tradition grecque...
Ce qui est amusant avec le hasard qui n’existe pas, c’est que j’ai débuté la lecture de ce roman le 19 février 2001 quand, la nuit suivante, un cargo irakien rempli d’un millier de kurdes vint s’empaler, moteur emballé, sur les récifs d’une petite crique de Boulouris, à quelques encablures de la maison familiale, autant dire que mon sang ne fit qu’un tour, la réalité s’invitant de facto dans la fiction ; clin d’œil à double détente, car c’est aussi à quelques dizaines de mètres de l’échouage, dans la villa du Castelet, en 1971, que ce livre fut écrit... 

 

Un brûlot qui laissera sa trainée de poudre sur plusieurs continents au fil des années, qui reçut un prix prestigieux aux États-Unis, et qui ne cessera d’être réimprimé depuis sa sortie, preuve s’il en est, que le lecteur - comme l’électeur si maladroitement courtisé - n’est ni un sot ni un fat. Car ce livre est un grand livre qui, outre la langue dans laquelle il est construit, porte une terrible vérité et dénonce les infâmes compromissions d’une bande de goujats pédants qui gèrent les affaires de la nation depuis des décennies (politiciens et journalistes, se jouant de l’opinion publique comme d’une guigne du moment que cela sert leurs intérêts) tout en osant avouer, en privé, que la nature de leur politique n’est pas en accord avec leur pensée. Mais qu’étant donné que cette fameuse vérité les mettrait au chômage, ils préfèrent passer la patate chaude aux copains et penser à autre chose...

Or, à force de jouer à la chaise musicale depuis la fin des années 1970, voilà bientôt venir le temps des comptes, et, encore une fois, n’en déplaise à la caution de service que l’on vous sort du chapeau (un historien, un démographe, un sociologue...), les projections faites par des gens sérieux, et publiées, démontrent que la démographie galopante qui ne cesse d’augmenter du côté des nouveaux arrivants fera, qu’aux alentours de 2050, plus de la moitié de la population française - et aussi par voie de contagion, européenne - ne sera plus d’origine européenne ! Voilà où le bât blesse : cette vérité-là, comme celle qui voit la population étasunienne devenir de plus en plus noire et hispanique au détriment des WASP, n’est pas bonne à dire ; même sous la couverture d’un roman.
Or, Robert Laffont n’en avait cure des bien-pensants ! Il savait qu’il tenait un livre majeur, il l’édita donc dans une quasi parfaite indifférence ; mais quand les médias dorment le peuple veille. Le bouche-à-oreille fit donc le reste...

 

Alors de quoi s’agit-il ? D’une histoire étonnante qui nous pend au nez tellement le bon sentimentalisme et les droits de l’homme à toutes les sauces sont devenues omniprésents. Ce Big Other dont parle Jean Raspail dans sa longue - et terrifiante - préface qui a le don de dessiller les derniers de la classe.
En effet, rien ne nous dit qu’il n’y aura pas, un jour, un fou furieux, un doux illuminé qui en aura assez de voir les siens mourir comme des chiens quand les Occidentaux succombent, eux, de trop manger. Alors, ils les embarquera sur des milliers de petites embarcations vers la terre promise : comme ils partent d’Inde, le plus court chemin est vers l’Australie, terre si grande et si dépeuplée... Mais l’Anglo-Saxon est bien plus pragmatique que le Latin. Le sachant, le gourou envoie quelques éclaireurs tester les forces navales du Commonwealth. Sans pitié, la marine australienne coule les premiers bateaux qui pénètrent dans les eaux territoriales... Cap est donc mis sur l’Europe. 
Durant le voyage les dirigeants de l’UE concourent de couardise et comme de bien-entendu la palme de la lâcheté ira à la France, terre d’accueil quoi qu’il en coûte... et tous ces gueux se jetteront sur le littoral méditerranéen et dévasteront tout...

Le président français, droit dans ses bottes, ordonne à l’armée de... faire silence, finalement. On ne tire pas sur des innocents même s’ils viennent vous voler votre terre. Ainsi, la frontière de la France est remontée jusqu’au nord de Valence, la population invitée à laisser place nette. S’ensuivent des nouvelles lois qui imposent le partage des appartements, à la mode soviétique, pour loger tous ces Français du sud qui remontent.
Et l’on savoure. On s’amuse alors de la verte plume de Jean Raspail qui égratigne tous ces forts en bouche qui, une fois confrontés à la réalité, s’avisent être de petits hommes, à l’image de ce journaliste de la gauche-caviar qui faisait le fanfaron sur les ondes et dans les journaux pour diffuser la bonne parole comme quoi, oui, accueillons ces malheureux et qui en perd le sommeil quand il voit débarquer dans son immense appartement - qu’il occupe seul - un jeune noir, porteur d’un ordre de réquisition, avec qui il va devoir partager son intimité...

 

Tout est y : ce roman est le portrait de l’humanité, il dépeint la vie et la mort des civilisations et détermine ce que doit être la vie des hommes et leurs choix : vivre, survivre ou se laisser dissoudre dans la masse... Vaincu par le nombre ou incroyable salaud sous prétexte qu’il faille, coûte que coûte, sauver sa terre, sa culture, sa vie ? Terrible constat, insupportable dilemme que tout homme politique espère ne jamais devoir trancher. Car, à part le Général qui osait dire que les minorités ethniques devaient demeurer des minorités car la société française était d’origine et de culture grecque et chrétienne, donc blanche ; il s’avère que l’on confonde de plus en plus métissage avec brassage, assimilation voire dissolution.
Car si le terme français de souche est devenu un gros mot, il faudra un jour l’autre prendre une décision : soit l’on se bat pour conserver ses racines culturelles tout en acceptant l’Autre, soit l’on disparaît dans le nivellement de tous ces Autres qui n’ont que faire de ce qui n’est pas comme eux et qui imposeront leur modèle de société au détriment de la nôtre...
 

Tuer ou périr est le dernier extrême auquel sont confrontés les derniers résistants à la fin du livre, avec une conclusion pour le moins sidérante. Gageons que les populations qui liront ce roman d’anticipation auront la sagesse d’en tirer les leçons - ce qu’aucun homme politique n’a eu le courage de faire - pour que nous puissions continuer à vivre ensemble. Pour cela il est grand temps d’arrêter de se voiler la face : trouver une alternative à la loi du sol, faire en sorte que tout nouvel arrivant respecte nos codes de conduite car se sont bien eux qui doivent se plier à nos coutumes, codes, cultures, etc. et non l’inverse... Les dernières polémiques sur le port du voile, que ce soit à l’école, au travail ou dans les lieux publics, en sont l’exemple le plus emblématique mais certainement pas le plus représentatif. Le danger est bien ailleurs... Par exemple dans ce que véhiculent certaines chansons de rappeurs qui s’affichent foncièrement anti-français : J’baise votre nation (113),J’aime pas ce pays, la France et le latin [...] On nique la France sous une tendance de musique populaire (Sniper), J’aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam (Ministère Amer),Flippe pour ta femme tes enfants pour ta race. On s’est installé ici, c’est vous qu’on va mettre dehors (Smala), etc.

Cela est d’autant plus intéressant à noter que Jean Raspail (avec le service juridique de son éditeur) s’est amusé à annoter en fin de volume tous les passages qui rendraient aujourd’hui ce livre impubliable, à cause des lois Gayssot et Perben II, notamment. Alors quand on apprend que 153 députés ont demandé que des sanctions soient prises contre ces groupes de rap pour que la loi soit respectée et que ces groupes ne puissent plus vendre leurs disques (on les trouve à la FNAC, sic !) et que le ministère de la Justice reste silencieux, on se pose des questions. Toujours cette lâcheté envers une certaine tranche de la population qui, sous couvert d’une impunité de fait, s’en donne à cœur joie pour distiller des messages de haine et des appels au meurtre de policiers. Ce n’est pas comme cela que l’on construit une société du bien-vivre ensemble !
S'il n’est pas acceptable de verser dans le conflit des civilisations, il n’y a qu’à regarder ce qui se passe au Maghreb en ce début d’année 2011 : la soif de liberté et d’égalité est universelle, bientôt il n’y aura donc qu’une seule civilisation mondiale basée sur la démocratie ; mais la différence se fera sur les codes de conduite, les modalités dans la manière de pouvoir se côtoyer dans le respect mutuel et non le fait accompli sous prétexte que là d’où l’on vient on fait autrement, notamment dans le traitement des femmes (en France l’excision, le mariage forcé, le contrôle des grands frères et autres coutumes du Moyen Age n’ont pas leur place). La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres : dicton qui a conduit ma jeunesse et qui semble bien désuet aujourd’hui.
Et pourtant...

Ce livre est indispensable pour apprendre le monde et décrypter les discours à la vacuité sans fin des politiciens d’aujourd’hui ; un livre d’utilité publique à inscrire d’urgence au programme des classes de terminale comme devrait aussi l’être le film Un Prophète... Où quand la fiction se fait si terriblement le miroir de nous-mêmes que refuser de voir est un crime.

 

François Xavier

 

Jean Raspail, Le Camp des Saints, Robert Laffont, février 2011, 396 p. - 22,00 €

 

 

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3 commentaires

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Jean Raspail aussi en vidéo, après le débat avec Max Gallo dans les années 1980, le voici chez Taddei en 2011 :

Encore et plus que jamais d'actualité (malheureusement), Jean Raspail prévoit... le pire