Alain Willaume et Gérard Haller : inavouable communauté ?

Le photographe et le poète possèdent une façon de se tenir au bord du monde. Alain Willaume arpente un bord, immémorial et intime, dont il relève les traces. Mais ses échos sont accompagnés par ceux de Gérard Haller.
Le premier retrace, par des procédés de montage, des constellations familières en juxtaposant aux photographies, soit les poèmes d’Alain Willaume, soit des citations textuelles (Antonin Artaud, Marguerite Duras, Maurice Blanchot, Jean-Luc Nancy)  et des images de Francis Bacon, Paul Klee, Zoran Music, Francesca Woodman.
La confrontation-dialogue entre les deux créateurs propose la dialectique de la nuit et de la lumière. Par exemple à la photographie d'un volcan en éruption qui étincelle dans la nuit, répondent les mots de Haller : lumière, lumière ! – éclats finis de la lumière – dispersée – feu du ciel dispersé au commencement.
L'objectif de l'ouvrage devient avant tout le moyen de transcender la peur et d'éliminer la mort que l'on se donne ou qui nous est donnée. Antonin Artaud rappelant ici que  le visage humain n’a pas encore trouvé sa face, ce livre espère un inachèvement là où néanmoins le monde semble disparaître. Est-ce trop peu ? Ou devons nous compter de moins ?

Jean-Paul Gavard-Perret

Alain Willaume et Gérard Haller, Face’s End, L'Atelier Contemporain, mai 2024, 112 p.-, 25€

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