Laurent Bettoni et Les corps terrestres : Paradoxales attractions

Katz a tout pour être heureux : une magnifique situation, une belle demeure, une femme attirante qui répond au doux prénom de Fran, un fils, né de leur union, et même un chien pour parfaire le décor de la famille modèle.

 

Mais derrière la façade, le couple se lézarde. L’épouse tient le mari sous sa coupe. Perverse et manipulatrice, de surcroît nymphomane, elle l’humilie et le maltraite psychologiquement depuis des années.

 

Le pire, c’est que Katz en redemande. L’amour qu’il lui portait jadis s’est transformé en haine farouche mais contre toute attente, son corps, sinon son cœur, lui reste fidèle, atrocement fidèle, le désir continuant de s’enrouler dans une relation sadomasochiste.

 

Le sexe, décidément, ne répond à aucune logique. Pas même à celle des sentiments qui s’en vont renaître ailleurs vers des cieux apparemment plus cléments. Lorsque Katz rencontre Angela, c’est le coup de foudre. Il décide de quitter Fran pour repartir à zéro avec elle.

 

Pourquoi la libido n’est-elle pas au rendez-vous de cet amour solaire ? L’empreinte de Fran plane sur le nouveau couple tel un drone espion survolant une terre ennemie. De façon surprenante, la reconquête de cette dernière sera orchestrée par Angela elle-même. Pour le meilleur mais surtout, pour le pire…

 

A travers ce roman incroyablement fort, cru et cruel comme le sont les passions dévastatrices, Laurent Bettoni met en scène l’éclat du désir masculin, dévoilant ses rouages intimes et ses terribles paradoxes. D’une plume trempée dans l’acide sulfurique, il nous invite à la fête et à la défaite des sentiments, ébranlant au passage nos dernières certitudes.

 

Cécilia Dutter

 

Laurent Bettoni, Les Corps terrestres, Les cow-boys & les indies, octobre 2012, 208 pages, 9,85 €

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