Le regard, polar cyberpunk

 

Un auteur qui creuse son sillon

D’origine chinoise, Ken Liu a émigré aux Etats-Unis enfant. Il écrit depuis une douzaine d’années dans le genre de la science-fiction, accumulant les prix Hugo, Nebula, Locus. Les lecteurs français ont pu, grâce aux éditions Le Belial, découvrir son talent grâce au recueil La ménagerie de papier en 2015, puis la novella L’homme qui mit fin à l’Histoire l’année dernière, très bonne histoire, bien menée et bien structurée. Voici donc un deuxième récit qui paraît dans l’excellent collection Une heure lumière, Le regard.

Un techno-polar

Dans Le regard, on retrouve la détective privée Ruth Law, femme blessée par la vie et dotée d’implants qui améliorent ses capacités physiques et régulent ses émotions. Elle est contactée par la mère d’une jeune femme, call-girl assassinée récemment et énucléée. Ruth se lance sur la trace de ce tueur en série, retrouve sa trace. Elle découvrira que ce tueur est aussi un maître chanteur, grâce aux informations contenues dans les yeux de ses victimes, pourvues de mincaméras. Le regard est un bon récit, bien mené (comme L’homme qui mit fin à l’Histoire), qui utilise avec brio les codes du cyberpunk et du roman noir. Il manque cependant quelque chose de plus, d’original pour qu’on puisse s’extasier sur le talent de cet auteur. On aurait tort cependant de passer à côté de cette histoire.

 

Sylvain Bonnet

Ken Liu, Le regard, traduit de l’anglais par Pierre-Paul Durastanti, couverture d’Aurélien Police, Le belial collection Une heure lumière, juin 2017, 112 pages, 8,90 €

 

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