Après "Oublier Modiano", Marie Lebey livre un portrait drôle et touchant de sa mère dans "Mouche'"

Après Oublier Modiano, Marie Lebey revient avec Mouche’, un récit autobiographique où elle livre un portrait à la fois tendre et cruel, parfois ironique, de sa mère : Mouche’, avec une apostrophe espiègle et affectueuse. Après la mort de son mari et de sa fille aînée, Mouche’ a préféré se réfugier dans un monde d’art et de beauté où sa fille n’a pas sa place. Comment rivaliser avec Proust ? Comme Madame Verdurin, Mouche’ veut entraîner ceux qui l’entourent à sa suite. Pour lui échapper, sa fille n’a d’autre choix que de devenir une femme, belle et séduisante, cherchant à capter le regard des autres pour exister au regard d’une seule.

 

Autour du thème de la transmission, Marie Lebey se livre à une tendre introspection du rapport complexe qui l’unit à sa mère. Une mère qui l’étouffe, une mère dont elle cherche à la fois à attirer l’attention et à fuir. Pourtant il ne s’agit pas d’un règlement de compte mais plutôt d’une lettre d’amour à une vieille dame originale. Alors qu’elle a toujours cherché à ne pas lui ressembler, grandissant par contraste, cette fille accepte finalement l’héritage de cette « vieille toupie » qui l’a nourrie avec ses rêves de gloire et qui a fini par pousser en elle. Un message d’amour donc que Marie Lebey cherche avec une maladresse touchante de lui transmettre avant qu’elle ne disparaisse, un message qui se résume à cette dernière phrase « N’oublie pas, quand tu partiras, de laisser la lumière du couloir allumée ».

 

Loin de la polémique qui avait entourée la parution d’Oublier Modiano, ou plutôt la réaction de Patrick Modiano, Marie Lebey livre ici un récit entièrement personnel, un récit drôle et touchant, un récit qui donne envie de dire à sa mère avant qu’il ne soit trop tard, maman laisse aussi la lumière allumée dans le couloir avant de partir.

 

Julie Lecanu

 

Marie Lebey, Mouche’, éditions Léo Sheer, janvier 2013, 125 pages, 18 euros.

 

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