Céline (1894-1961), auteur de Voyage au bout de la nuit a révolutionné la littérature française. Il est controversé pour ses violents pamphlets antisémites. Biographie de Louis-Ferdinand Céline

Le choc d'une vie de lecteur : Louis-Ferdinand Céline

Comment définir le choc d'une lecture ? comment comprendre qu'un lecteur déjà fervent puisse un jour être totalement bouleversé dans sa vie propre par la rencontre d'une oeuvre ? Le court hommage d'Eric Neirynck à Louis-Ferdinand Céline est la trace de ce choc, violent, vital, nécessaire, d'abord avec une langue (celle si travaillée de Céline qui donne naissance au roman moderne) et avec un personnage, Bardamu, cet anti-héros magnifique qui est devenu un type humain, le quidam absolu en quête d'éternité pour fuir la ruine du monde tel qu'il advient dans la triste modernité du XXe siècle fait de guerre et de béton.

Délaissé un moment, la lecture de l'éloge qu'un autre maître en fait (Charles Bukowski dans Pulp), poussera Eric Neirynck à replonger dans Céline, pour n'en plus jamais ressortir. Et, bien plus tard (2014), à faire le pèlerinage jusqu'à Meudon et se recueillir sur la tombe de son maître, "émotion devant cette pierre ornée d'un bateau et gravée à ton nom et celui de Lucette", dont il reconnaît les égarements mais dont le souffle magistral le pousse à lire toute l'œuvre, à la relire, et à y confronter son propre désir d'écrire.

Le Voyage au bout de la nuit est la véritable entrée en littérature pour Eric Neirynck, écrivain, critique et juré au Prix Rive gauche, qui nous offre avec son témoignage émouvant l'aveu de son amour absolu pour le vieil acariâtre de Meudon, le plus grand écrivain français du XXe siècle, en pervertissant un rien la règle de la collection Duetto ("un écrivain en raconte un autre") : un écrivain qui se raconte par un autre... 


Loïc Di Stefano

Eric Neirynck, Louis-Ferdinand Céline, Nouvelles lectures, "Duetto", octobre 2016, 23 pages, 0,99 eur (en téléchargement)

NB : Eric Neirynck collabore au Salon littéraire 

1 commentaire

jmn13

quand on parle de Céline , on cite immédiatement le "voyage" , mais pour moi, le chef d'oeuvre c'est "mort à crédit".