Marie Darrieussecq, Petit-Poucet sans cailloux

Marie Darrieussecq ne réussit qu’à moitié son œuvre de science fiction écrite sans doute à la va vite entre deux projets plus conséquents. La première partie est excellente. La seconde - où  l’auteur se perd en dissertations et en reprenant son bonnet de psychothérapeute – est plus empesée, voire lourdingue,  étouffe chrétiens et adeptes de religions monothéistes ou non.

Certes existe dans ce livre une nécessité émise dès les premières lignes : « Il faut que je raconte cette histoire. Il faut que j’essaie de comprendre en mettant les choses bout à bout. En rameutant les morceaux. Parce que ça ne va pas. C’est pas bon, là, tout ça. Pas bon du tout. ». Mais le roman en reprenant la thématique de « Fareinheit  451 » de Truffaut, finit comme le film : il s’écrase sous le poids de la thèse  fût-elle émise sous l’égide des meilleurs sentiments pour sauver la planète.

Là où Joël Baqué dans La Fonte des glaces - sur le même thème et chez le même éditeur -  place la balle avec euphorie, Darrieussecq par son romantisme inversé fait du fétichisme écologique un certain déni du roman d’anticipation. La force supérieure de la thèse provoque des démembrements. Le roman intelligent et impulsif par son idéologie insistante devient une résistance à la fable. Le mystère se dilue dans une sorte de fatras final là où tout aurait dû rester une matière cristallisante et fluide.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marie Darrieussecq, Notre vie dans les forêts, P.O.L éditeur, août 2017, 191 pages, 16 €

 

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