Le premier meurtre

De nos jours. Un jeune homme se retrouve coincé à Los Angeles à la suite d'un problème d'avion. Ayant donc pas mal de temps devant lui, il accepte un soir de revoir une ex-petite amie avec qui il n’a plus eu de contact depuis longtemps. La nuit va être l’occasion de rattraper le temps perdu… Le lendemain, au petit matin, quand il rentre à son hôtel, il croise la route d’un vieil homme un peu étrange qui lui raconte une bien curieuse histoire : avant la création de la Terre, les anges vivaient au paradis en parfaite harmonie. Seulement un beau jour, un ange est retrouvé mort. Qui a bien pu le tuer ?

 

Neil Gaiman et Philip Craig Russell, c’est le duo d’artistes à qui on doit l’excellent album L’Étrange Vie de Nobody Owens (lire mes chroniques ici ou ), et rien que ça, ça donne envie d’en lire un peu plus. D’abord parce cette adaptation est franchement une réussite, et ensuite parce que Craig Russel semble ne pas avoir son pareil pour mettre en scène les écrits de Gaiman. Alors forcément quand en plus ils font le pari fou de lever le voile sur le tout premier meurtre de la création, je ne pouvais qu’être curieux…

 

Et grand bien m’a pris. Car de nouveau l’alchimie entre ces deux-là fonctionne toujours à plein régime, dans un registre cette fois-ci totalement différent. Il faut donc imaginer Le Premier meurtre comme un polar au paradis. Un ange a été tué. Mais le concept même de mort est quelque chose de nouveau pour les habitants du paradis. Et que va dire Dieu ? Et surtout, pourquoi Lucifer disparaît-il régulièrement pour se promener dans l’obscurité, à la lisière du Ciel ?

 

Le Premier meurtre a cela de malin d’exciter en permanence l’imagination du lecteur, de le pousser à s’interroger. Et donc un ange va mener l’enquête, un peu à la manière des polars noirs classiques, sauf qu’évidemment, ce qui fait ici le sel de l’histoire, c’est le contexte.

 

Moi, j’aime quand un scénario me surprend, parce que ça n’arrive pas si souvent (surtout dans les comics-books). Et là, pour le coup, Neil Gaiman m’a retourné dans les dernières pages. Un peu comme s’il m’avait volontairement fait croire que toute cette affaire de meurtre était facile à résoudre, pour mieux m’endormir et me cueillir dans les dernières pages.

 

J’ai refermé Le Premier meurtre avec le plaisir de m’être fait mener en bateau par un Neil Gaiman particulièrement à l’aise. Si on ajoute à cela le style fin et délicat de Philip Craig Russell, parfaitement adapté à l’ambiance paradisiaque, on obtient un très bel album, qui a en plus la politesse de ne pas s’étirer inutilement. Une excellente surprise.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

 

Neil Gaiman (scénario), Philip Craig Russell (dessin)

Le premier meurtre

Édité en France par Delcourt (31 août 2016)

Collection Contrebande

112 pages couleurs, papier glacé, couverture cartonnée

15,95 euros

EAN : 9782756081083

Sur le même thème

Aucun commentaire pour ce contenu.