Fred Léal : Méfions-nous du sentiment de confort

C’est dans un labyrinthe de phrases coupées, que des gars de la légion étrangère instruisent leurs refoulés à coup de sueurs tropicales et hantent la forêt où tout est permis. Y compris leurs erreurs (paroles approximatives eu égard de leurs origines).
Ils troquent leurs noms pour des sobriquets. Et, après tout, cela ne mange pas de pain. Le but est de récupérer en lieu intestin, et en guise de suppositoire, une fusée. Toutefois, ceux qui s’héroïsent. restent une bande  d’autistes musclés selon Nathalie Quintane.
Face à de tels loyaux, un Loyal surnage. De bon aloi, il veut sauver du mal (être) le Maghrébin baptisé raton. Mais il n’est que râleur laveur car technicien de surface. Les épigones tentent de sauver l’arpète jusqu’à – et finalement – ils laissent  la clé à vau-l'eau. Celle-ci va devenir la propriété d'une prostituée de la forêt guyanaise en ce récit montage et collage d’éclats de voix, de digressions mentales,et de païennes messes basses.
Mais c’est bien Léal lui-même qui s’offre  un exercice de  résilience trash  où tout est singulier. Dans la redistribution de partitions politiques se glissent des opérations d'écritures qui ne disent pas leurs noms mais se  refont une santé. Dès lors,  ce qui encore est encore nommé poésie transforme une réalité flottante en une imagination confondante.

Jean-Paul Gavard-Perret

Fred Léal, La décollation du raton-laveur, P.O.L., avril 2024, non paginé, 29,90 €

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