Civil War II n°1

Après avoir été exposé aux brumes terratogènes et avoir rejoint les Inhumains, l’étudiant Ulysse Cain se découvre des pouvoirs de préscience. Des pouvoirs que certains super-héros voudraient bien utiliser pour empêcher les catastrophes de se produire. Lorsque Thanos débarque sur Terre, Captain Marvel et ses amis ont ainsi pu se préparer à sa venue. Ce qui n’empêche pas que l’attaque se solde par le décès d’un des super-héros. Là-dessus, Iron Man commence à se demander si vouloir soigner le mal avant qu’il n’apparaisse est réellement une bonne idée. Et pour en avoir le cœur net, quoi de mieux que de rencontrer Ulysse lui-même…

 

Dix ans après, Marvel se devait de profiter du phénomène Civil War. D’abord parce que cette saga connaît une popularité incroyable auprès des lecteurs : bien qu’une bonne partie de ses retombées se soient dissipée, elle fait toujours partie des lectures encore incontournables, là où d’autres events le sont beaucoup moins. Et surtout parce qu’en juin 2016, date de lancement de Civil War II, Marvel Studio sortait dans les salles de cinéma Captain America : Civil War : il aurait dommage de ne pas profiter de la couverture médiatique du film.

 

Panini France publie ce mois-ci en kiosque le premier numéro de la revue Civil War II, qui va accueillir les principaux épisodes de la saga. Ce numéro 1 démarre donc par le prologue (Civil War 0), un court épisode spécial (publié à l’occasion du FCBD, le Free Comic Book Day), et le premier épisode (Civil War 1). Et d’entrée de jeu, il y a comme un problème : l’éditorial annonce un ordre de lecture abracadabrantesque puisqu’il va falloir lire le prologue, puis les vingt premières pages de Civil War 1, puis lire l’épisode spécial FCBD, pour revenir lire la fin de l’épisode 1. On est en droit de se demander ce qui est passé par la tête des responsables de Marvel : si on voulait faire fuir les nouveaux lecteurs, on ne s’y prendrait pas mieux.

 

Ce problème d’organisation est à l’image de ces premiers épisodes : Brian Michael Bendis éparpille tellement les scènes qu’on éprouve trop souvent le besoin de s’interroger sur l’ordre des événements. C’est d’autant plus dommage que certaines surprises, comme la mort d’un personnage historique (passage obligé d’un event Marvel, rappelons-le), font pshiiit, car on nous les a éventée quelques pages plus tôt.

 

Pourtant, il ne faut pas s’arrêter à ce problème. Civil War II fait preuve d’un réel potentiel sur le plan politique et philosophique. Écris en pleine campagne présidentielle américaine, Bendis glisse quelques allégories avec notre actualité en comparant, par exemple, Tony Stark à Donald Trump. Et sur le fond, la scène d’introduction avec Miss Hulk en avocate du Pitre montre bien que Bendis compte évoquer le vieux débat du déterminisme et du libre arbitre.

 

Autre point de satisfaction pour les lecteurs qui comme moi auraient du retard dans leurs lectures : Civil War II est pour le moment lisible même si vous n’avez pas lu les récentes aventures des super-héros Marvel. Pour ma part, je n’ai pas encore lu Secret War, et pourtant, jamais je n’ai eu le sentiment d’être perdu. Civil War II est donc globalement accessible.

 

Le dessinateur français Olivier Coipel signe le prologue, et j’ai trouvé qu’il était particulièrement en forme (alors que généralement je ne suis pas très client de ses travaux), surtout dans les toutes premières pages avec Miss Hulk. Jim Cheung s’est occupé de l’épisode FCBD dans lequel il livre lui aussi une jolie prestation, consistant à illustrer une bonne grosse bataille contre Thanos. Enfin, David Marquez est en charge de la saga principale, et là, je suis un peu plus réservé car son dessin est plus inégal.

 

Si on met de côté l’ordre de lecture très mal géré (cet inconvénient est atténué dans la version française), Civil War II commence plutôt bien. Disons que pour le moment, il est difficile de se prononcer puisque à la fin de ce numéro, l’action se met tout juste en place. Mais Brian Michael Bendis ne donne pas l’impression de vouloir mettre de côté la problématique morale. Autre plaisir, tout personnel : celui de retrouver Tony Stark du bon côté, après une bonne dizaine d'années durant lesquelles Marvel lui a souvent donné le mauvais rôle. Et pour le moment, les dessins sont d’un bon niveau général, grâce à Olivier Coipel et Jim Cheung, dessinateurs vedettes de Marvel.

 

 

Stéphane Le Troëdec

 

 

Brian Michael Bendis (scénario), Jim Cheung, Olivier Coipel, David Marquez (dessin)

Civil War II numéro 1 (mensuel)

Édité en France par Panini France (3 janvier 2017)

80 pages couleurs sur papier glacé et sous couverture souple

4,60 euros

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