"Vivre vite", retour sur le mythe James Dean

Mourir jeune, au faîte de sa gloire, fige sa propre légende. James Dean, beau comme le diable, restera à jamais l'enfant surdoué mais terrible du cinéma américain. Et Philippe Besson lui redonne vie, derrière l'image figée, dans un récit assez touchant sans rien omettre de sa face sombre.

L'intérêt du récit choral de Philippe Besson est de redessiner la figure d'un garçon en décalage avec son temps, dont la sensibilité et le talent en font une icone mondiale de la jeunesse éternelle : vu par ses professeurs, sa famille, ses amants, ses maîtresses, ses partenaires au cinéma, James Dean devient un homme et plus uniquement une image figée dans sa propre légende. Et la lecture elle-même chorale (Sébastien Hébrant interprète les personnages masculins, Nathalie Hugo les personnages féminin et Olivier Prémel James Dean) fait vivre ces nombreux petits chapitres qui ont presque tous en commun de rappeler que James Dean est d'abord un destin-pour-la-mort, un homme en dehors de son temps et qui va réussir à imposer son propre rythme, son propre rayonnement sur le temps, pour figurer comme une légende absolue, libre et indifférente aux obstacles. 

Sa passion de la vitesse, depuis sa première moto jusqu'au tragique accident, sa bisexualité, ses souffrances intimes, son alcoolisme, sa révélation au cinéma quand il voit Marlon Brando auquel il sera comparé plus tard, sa magnifique nonchalance, tout sert à dessiner le portrait d'un égaré dans le siècle.

Vivre vite tente d'aller aussi vite que le destin de son personnage, en s'imposant de nombreux chapitres courts et dense. Aucune indulgence sous la plume de Philippe Besson, depuis la ferme familiale de l'Indiana jusqu'aux bars d'Hollywood, c'est tout un homme qui est dessiné, dans sa complexité et sa fragilité, derrière l'image figée par la légende. Vivre, donc, surtout.

Loïc Di Stefano

Philippe Besson, Vivre vite, texte intégral lu par Sébastien Hébrant, Nathalie Hugo et Olivier Prémel, Audiolib, mars 2015, 1 CD mp3, 4h10

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