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Philippe Muray

Philippe Muray : Biographie

il y a 49 mois Suivre · Utile · Commenter

Vie et œuvre de Philippe Muray (1945-2006), essayiste et romancier.



La voix de cet homme discret, secret même, fait cruellement défaut dans le paysage de la critique. Pourtant, combien étaient-ils à le lire vraiment de son vivant, à écouter et à percevoir la justesse de ses constats, si salutairement rudes, si pertinemment assenés, sur une époque de médiocrité absolue ? Muray avait ses « fidèles », qui attendaient impatiemment sa chronique dans les multiples revues où il s’illustrait ; Dieu merci, il n’avait pas une vaste « audience », et c’est sans doute ce qui a garanti à sa pensée le privilège de ne pas avoir été récupérée, donc avilie.

 

En republiant en un seul volume (1800 pages serrées !) les textes qui avaient paru dans des recueils comme Après l’histoire ou Exorcismes spirituels, Les Belles Lettres font coup double. D’une part, elles installent définitivement Muray à sa place parmi les éminents contradicteurs de la modernité, elles le hissent au rang auquel son style et son regard pénétrant le promettaient, celui de classique contemporain. Elles mettent d’autre part en évidence l’urgence qu’il y a, aujourd’hui plus que jamais, à revenir à Muray, et à dégager de ses avis ponctuels des paradigmes invariants afin de juger notre temps, qui est encore tellement le sien au fond. À l’instar du XXe siècle qui prêtait à un Sartre ou à un Camus la vocation de lui fournir les oracles nécessaires à son hygiène intellectuelle, le XXIe peut désormais pleinement se poser la question « Qu’en aurait dit Muray ? » face au formidable barnum que fait défiler sous les yeux subjugués des info-riches l’increvable « actualité ».

 

Sniper

 

Néanmoins, Muray n’était pas un philosophe – en tout cas pas dans les acceptions « grosses lunettes engagées » ou « chemise ouverte et permanente au vent » qui ont phagocyté le terme pendant des décennies. Il ne s’appuyait pas sur des concepts, il en forgeait. Chacun des vocables que lui dictait sa verve superbe allait à la rencontre d’un fait social ou d’un type humain. La trouvaille, souvent servie par le calembour, conférait alors densité et vie à un topique qui allait s’intégrer dans un réseau de (contre-)valeurs et permettait à Muray de dévider la pelote du système.

 

Derrière le foisonnement des cibles visées, le lecteur entrevoit la cohérence du décryptage qu’avait entrepris notre sniper isolé. Chantier infini mais qui, une fois maçonné pierre après pierre, se révèle être une place forte particulièrement difficile à reconquérir. Pour s’en convaincre, il suffira de reprendre ces chroniques de La Revue des deux mondes où, dès janvier 1998, il signe le faire-part de naissance de Homo festivus, et dans la foulée lui affecte un comportement, le « festivisme ». Un être inédit depuis l’aube des Temps, cet Homo festivus, se nourrissant de jeux plus que de pain, ne respirant que si à chaque seconde l’air se renouvelle, spécimen abouti de ce que put engendrer la Fin de l’Histoire et marquant notre entrée dans l’Ère de l’Événementiel. Muray en décrira tous les avatars, analysera sa sexualité, son langage, ses codes vestimentaires ou alimentaires et, audace suprême, « ses nouvelles méthodes pour faire régner l’ordre, et même, de plus en plus souvent, et de manière de plus en plus impunie, la terreur ». Conséquences de l’avènement de ce règne : la lunaparkisation des villes ; le déni de la Nature, inconcevablement hostile et parfois même impudemment meurtrière à l’encontre des malheureux sportifs de l’extrême ; les aléas de l’existence concurrencés par l’idéal fallacieux du Risque Zéro. Homo Festivus incarne, par dilution dans le collectif, la virtualité et le confort consumériste, la faillite de son exact opposé, seule instance en qui Muray entrevoyait une once d’humanité : « notre ancêtre l’Individu ».

 

À quand remonte-t-elle, cette lointaine conscience contrariée, cette conviction de ne pouvoir être qu’en « désaccord parfait » avec le N’importe quoi pandémique ? Un premier signal ? Bien sûr, il y eut quelques romans comme Chant pluriel en 1973 ou Jubila en 1976. Grandes machines polyphoniques oubliées, et qu’il est d’ailleurs malaisé de se procurer, dont l’on redécouvrira tôt ou tard l’originalité formelle et la puissance verbale.

 

L’étincelle qui va mettre le feu aux poudres, c’est « l’effrayant mystère » Louis-Ferdinand Céline. En 1980, Muray dédiait à l’auteur de Voyage au bout de la nuit et de Bagatelles pour un massacre – qui restait alors largement indéfendable, les plaies des années sombres étant toujours vives – un essai fracassant, dans lequel il avait le culot de plaider pour une lecture globale de l’œuvre. Car, d’après Muray, Louis-Ferdinand Céline « avait annoncé, condensé, relancé, projeté en avant la totalité des enjeux de la modernité littéraire ». À l’heure où les universitaires s’ingéniaient à établir le distinguo entre bon romancier et vilain pamphlétaire (la Pléiade sous la supervision de Henri Godard était sur le point de sortir), un tel parti pris ne pouvait que déranger. L’incipit de la préface à la réédition de ce texte, en 2000, apparaît comme programmatique et mérite d’être réexaminé avec attention : « Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est-à-dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par là, est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se berce de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté. » Muray reviendra sur le sujet en 1997 dans une série d’articles dont le point d’orgue sera « On purge bébé. Examen d’une campagne anticélinienne », consacré aux libelles concomitants de Jean-Pierre Martin et Michel Bounan, que Muray réduira à des « crises de nerfs et des trépignements dans la nursery du bel aujourd’hui ».

 

Anti-bougiste assumé

 

Au début était la littérature, donc. Muray la connaissait comme personne. Le premier vrai jalon de son œuvre – celui qui servira en fait de trame à sa démarche critique ultérieure, sans que pour la cause il se répète –, c’est ce fameux XIXe siècle à travers les âges, qu’il publie, anno mirabilis de tous les contre-utopistes, en 1984. Qu’ambitionnait d’étudier Muray dans cette somme ? Non pas l’irrémédiable stupidité dont Léon Daudet soutenait qu’elle entachait ce siècle, mais plutôt la permanence souterraine de ses schémas de pensée dans le suivant ! Muray y désigne les deux « point forts et secrets de la réalité contemporaine » : le socialisme et l’occultisme qui « ne constituent pas deux sphères autonomes rigoureusement indépendantes l’une de l’autre. Elles mordent au contraire leurs territoires respectifs, elles s’emmêlent, s’enfourchent, souvent se confondent. Personne ne le dit et bien peu le sentent. » Des tables que Hugo s’amusait à faire tourner pour convoquer Dante ou Shakespeare aux professions de foi délirantes proférées par Zola dans son dernier cycle des Quatre Évangiles, en passant par la théosophie inspirée de Madame Blavatski, Muray cartographie le credo progressiste et ses accointances avec un spiritualisme de bazar. Une conjonction détonante qui, selon lui, conduira droit à la religion techniciste, à la contagion sexualiste, à la perte de soi dans la mystique du New Age, rien de moins.



Soclée sur ce pavé, la prose furibarde de Muray n’allait pas échapper très longtemps à l’étiquetage de « réactionnaire ». Si l’on s’accorde sur le fait que le « réactionnaire » est celui qui riposte à la modernité par cette ultime preuve de liberté qu’est l’ironie, par cette élégance que représente le panache de l’écriture, par l’implacable pétulance de l’esprit et surtout par un refus certain de la duperie généralisée, alors oui, Muray le fut, intégralement. Quelle meilleure explication à sa position dans le « champ » que celle qu’il livre dans Marianne, en septembre 2003 : « L’intellectuel est terminé. Terminé comme tant d’autres choses. Comme la révolution de 1789, comme la marine à voiles et comme les bonnes sœurs à vapeur. Le problème n’est pas que l’intellectuel ait “trahi”, ni qu’il se soit plus “trompé” que d’autres. C’est que les faits, depuis quelques années, se sont mis en marche dans des directions dont il ne peut même pas s’étonner parce qu’il ne peut pas les voir. Il ne lui reste que l’impression de sentir que quelque chose s’est dérobé sous lui, dans la période récente, mais ce quelque chose non plus il ne peut pas le nommer. “Penser le monde” n’est plus à sa portée, et ça ne l’a probablement jamais été (il s’occupait à le transformer, ce monde, mais maintenant le monde se transforme bien plus vite tout seul). Et d’ailleurs la méthode la plus efficace pour penser le monde est encore d’inventer les moyens d’en rire. Aucun intellectuel, jamais, n’a su. C’est même à cela qu’il se remarque. »

 

En anti-bougiste assumé, Muray n’était pas un globe-trotter des causes majuscules ; on ne le voyait pas s’essouffler à courir les gravats des villes bombardées et les charniers des ethnies fratricides pour tenter d’apparaître sur la photo de groupe humanitaire ou pour s’ingénier à démontrer qu’il avait compris, grâce au sacro-saint prisme des universaux droits-de-l’hommistes, pourquoi tant de misère, pourquoi tant de souffrance, pourquoi tant d’injustice… Muray était – du moins, j’aime à m’en persuader – un flâneur au regard endolori par l’étalage de la médiocrité galopante. À l’instar de Baudelaire, archétype du moderne morfondu, il assistait à la métamorphose de son Paris ; il s’inquiétait de la dégradation quotidienne de ce réel en voie d’estompement. Un saccage à coups de boutoir événementiels, de pride aux liturgies braillées, de bousculades en rollers. Qui mieux que lui aura décrit le péril d’être un piéton dans un monde qui ne reconnaît pour valable que ce qui est rapide et fluide ?

 

Le réactionnaire se sent continuellement agressé. Parfois, paranoïa aidant, ses ennemis sont le fruit de son imagination, voire de ses fantasmes. Chez quelques-uns, la sensation d’encerclement naît en fait d’un trop-plein de lucidité qui, à terme, peut s’avérer fatal. Puisque la société « Faites du bruuuuuit ! » s’accommode de moins en moins des tempéraments qui ne partagent pas ses engouements et sa joie frelatée vendue par packs de douze, elle les étouffe d’une fatwa sourde.

 

Muray était omniprésent certes (il signait dans Marianne, L’Infini, Immédiatement, La Montagne, Le Figaro, Le Point, L’Atelier du roman, Cancer !, L’Idiot international, etc.), mais cultivait dans le même temps l’art de la discrétion. Sa notice Wikipédia commence sur cet aveu embarrassé : « On sait peu de choses sur la vie de Philippe Muray. » Une mention qu’on ne retrouve même pas dans celle concernant l’invisible parfait que fut Maurice Blanchot, sur le même site !

 

« Rebelle et tais-toi ! »

 

C’est dire si Muray ne fut qu’écriture, que commentaire en flux continu à propos d’une matière inépuisable sur laquelle Flaubert s’était également cassé cervelle et santé : la Bêtise. Muray arrivait au constat que le monstre gagnait les masses en avançant dissimulé derrière un masque séducteur, et d’autant plus dangereux. Dès 1991, à une époque donc où « la téléphonie mobile n’avait pas encore été accueillie avec le ravissement que l’on sait par tant d’esclaves qui ne demandent jamais qu’une dose de plus de servitude », Muray démontait les ressorts de L’Empire du Bien, rouleau compresseur carburant au sucre et au miel. Capitale : Cordicopolis, phare d’où rayonne le consensus roi. Le juridisme y est utilisé comme panacée pour imposer toute vérité ou fonder toute morale, la régression y fait l’objet d’une apologie fervente. L’on y croise des adultes (sic) se déplaçant en trottinette et supportant si mal l’idée de vieillir qu’ils se réfugient dans la scansion des génériques télé de leur enfance. Une cuillerée de gloubiboulga et c’est le tocsin du Temps retrouvé qui sonne à leurs oreilles, la communion des foules par la nostalgie rose bonbon. Leurs sexes se neutralisent au point de devenir invisibles, inconsistants, inexistants. Welcome to Playmobil-Land !

 

Comment résumer le reste, soit ces quatre volumes d’Exorcismes spirituels, où les études sur Beaumarchais, Chateaubriand, Bloy, Aymé ou Swift côtoient les envolées circonstancielles ? En l’envisageant par leurs éléments les plus saillants, à savoir leurs titres. L’art que Muray avait de les forger donnait d’emblée le ton à ce qui allait suivre. Mes Gitanes à l’heure européenne annonce le torpillage imminent du Traité de Maastricht. Circulez y a rien à croire revient sur le nihilisme à la petite semaine, ce travail de sape passif, confortable et sécurisé de toutes les valeurs. La Colonie distractionnaire transporte notre Kafka à Eurodisney et nous convie à sa suite dans les coulisses du décor. Crépuscule des lieux nous emmène dans un Midi défiguré par le tourisme et qui « n’est plus qu’une banlieue satellite de la peinture ». Enfin raide sonne sans regret le glas de Mitterrand et du long cortège d’ombres générationnelles qui l’accompagnent, en veuves « Touche pas à mon pote ! » larmoyantes, jusqu’à son tombeau. Il y a aussi les interrogations trafiquées, qui prennent un écho tragique : « Comment peut-on être pensant ? » ou « Peut-on pleurer de tout ? » Puis vient l’arme absolue… On sait que le slogan est la technique rhétorique la plus prisée des régimes propagandistes et publicitaires ; Muray, en vrai subversif, le retourne contre ses zélateurs. Il modifie une lettre, ajoute une syllabe, décale un son, et le double tranchant de la parodie fulgure : « Rebelle et tais-toi ! », s’exclame-t-il, donnant la mesure du chemin parcouru par les contestataires depuis Mai 68. « Tous contre seul ! » retentit comme un haro sur le baudet rétif qui prétend vaille que vaille continuer à préserver son moi à l’heure des fusions raveuses. « Jacuzze » annonce la noyade de la littérature dans un bain à bulles où flatulent allègrement les « jaccuzzographes » et « jaccuzzolâtres » professionnels. La « Purification éthique » menace ceux d’entre nous qui feront un pas, un gueuleton ou un mot de traviole. Autant cadenasser de suite les grilles de cette immense « cage aux phobes »

 

Inclassable

 

J’évoquais supra les premières œuvres fictionnelles méconnues de Muray, dans les années 1970. Bien plus tard, il tentera derechef l’aventure avec On ferme, étonnante fuite en avant d’un personnage en butte à un incendie de forêt, parabole catastrophique d’un perpétuel catastrophé, narration-piège. Mais Muray fut d’abord un essayiste parce qu’il avait trop remâché « l’impensabilité » de notre ici-bas en termes romanesques. Le respect incommensurable qu’il vouait aux grands auteurs se doublait d’une impasse qui l’empêchait de s’épanouir dans ce genre. Ainsi, remarquait-il dans L’Atelier du roman en 1995 : « S’interroger sur les conditions de possibilités actuelles du roman, c’est se remémorer ce qui, dans le monde même, a voulu le rendre impossible. Tout aura été bon, en somme pour effacer le principe de contradiction au profit du seul principe d’identité. » Comment et pourquoi en effet poser à travers le roman (lieu privilégié des paradoxes) des questions qui ne tarabustent pour ainsi dire plus personne, et qui sont censées résolues par le gommage de toutes les différences, le ponçage des aspérités, le laminage des consciences ?

 

Muray demeurera un inclassable. On pourra invoquer tour à tour, pour le circonscrire, les mânes de Vialatte ou de Debord, un situationnisme parisianocentré ou une médiologie de programme télé, la tradition française de la polémique ou la posture néo-réac’, Muray ne sera jamais que lui-même, comme un reproche persistant à l’adresse de ceux qui pensent que vivre, c’est innover. Les bobos, les trendy, les branchouilles et les cool fuiront comme la peste ce vieux bougon qui excommuniait leurs teufs à coups d’articles à la syntaxe parfaite et, ça craint grave, aux mots écrits en entier. Nous le gardons ! Car le plus affligeant serait que tous ceux-là se laissent convaincre, se l’accaparent, se l’intègrent… L’intelligence aurait changé de camp.

 

Dans une copieuse interview qu’il avait eu la gentillesse de nous accorder à Frédéric Dufoing et moi en 2006 pour notre éphémère et modeste revue Jibrile – une preuve supplémentaire que l’homme était animé d’une authentique générosité, qui l’amenait à considérer ce qu’il avait à dire avant le nombre putatif des personnes qu’il allait toucher –, Muray nous répondait à propos de la pertinence du clivage droite-gauche en citant Péguy, dans sa Note conjointe sur M. Descartes : « Il y a le monde moderne. Ce monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles, si entièrement et si absolument nouvelles, que tout ce que nous savons par l’histoire, tout ce que nous avons appris des humanités précédentes ne peut aucunement nous servir, ne peut pas nous faire avancer dans la connaissance du monde où nous vivons. Il n’y a pas de précédents. » Muray concluait : « C’est cette absence de précédents à partir de laquelle il faut écrire. C’est le sans-précédents qu’il faut écrire. »

 

Il exprimait là, avec une sobriété confondante, l’exigence axiale d’un projet ambitieux, démesuré même, dont nous pouvons aujourd’hui vérifier à chacune de ses lignes, et même si la faucheuse nous l’a ravi prématurément, qu’il est parvenu à l’accomplir.

 

Frédéric Saenen

 

À LIRE >

Essais, Philippe Muray, Éditions des Belles Lettres, septembre 2010, 1812 p., 33 €

 

il y a 49 mois Suivre · Utile · Commenter

1 commentaire

Pierre H.
Pierre H. il y a 12 mois

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