Pierre Bergounioux et Joël Leick : traces

Les friches industrielles deviennent ici le terrain de prospection de Pierre Bergounioux. Son texte archive pièces métalliques et ouvrages de fer usinés accompagné par les images nourries de terre de Joël Leick et ses empreintes photographiques.
La société industrielle puis la désindustrialisation ont modifié la relation au paysage comme aux choses : d'où cette suite de réflexions en partie résiliente.
Demeure la présence obsédante du passé en de tels restes de travail et de vie. 

Mais ces vestiges sont bien différents de ceux légués par le christianisme et les royautés. Cathédrales et palais restaient des  signes de la puissance d'un monde. Ils ont acquis une valeur esthétique et touristique. Ce qui n'est pas le cas (ou très rarement) des ruines industrielles.

Elles gardent pourtant un charme mélancolique même si elles ne sont pas pointées à l'attention des passants et voyageurs. Mais Bergounioux les revalorisent en tant que témoignage du travail humain.

Se maintiennent vaille que vaille ici et là ces lieux d'une telle mémoire. Et l'auteur illustre parallèlement l’accumulation des déchets. De telles réflexions restent sombres et le livre s'achève sur quelques remarques sur la photographie.

Les auteurs rappellent qu'elles retiennent tant que faire se peut ces traces avant qu'elles ne retombent dans le silence et le vide d'un certain no man's land.

Jean-Paul Gavard-Perret

Pierre Bergounioux & Joël Leick, Les restes du monde, Fata Morgana, février 2022, 64 p.-, 13 €

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