La guerre olympique

Dans un futur (trop) proche, on imite l’ancienne tradition des Grecs. Au lieu de s’entre-tuer sur un champ de batailles, on désigne son Champion. Un combat singulier. Un seul vainqueur ; donc un seul mort plutôt que des milliers. En version 2222, c'est un affrontement tous les deux ans : le camp blanc contre le camp rouge. C’est la guerre olympique. Par contre, honte au perdant : dix millions de morts !
Mais pour garder la tête haute on les prend chez les délinquants, les subversifs, les déviants, etc. Encore faut-il s’entendre sur qui est qui. On leur met une mini-bombe dans le crâne et au sortir des résultats. Pchitt !
Le sport est donc – aussi – la guerre. Il n’y a pas loin, en effet, quand on regarde de près. Les expressions des entraineurs. Les réactions du public. Les fameux holigans ! C’est aujourd’hui un défouloir. Les dégâts causés par les supporters lors du dernier Lyon-PSG en finale de la Coupe de France ne me démentiront pas. L’État laisse faire – déjà ! Sans doute comme soupape de sécurité. On se dit que c’est toujours moins grave qu’une émeute en bonne et due forme. Sauf que l’esprit de Coubertin a totalement disparu. On ne joue plus que pour gagner, à n’importe quel prix. Ici aussi les dérives sont légions. Demain une transposition des guerres civiles sur le stade ? Pierre Pelot creuse ici le sillon sans limite. L’os est mis à nu. L’Homme n’a décidément peu de limites si bien que l’écrivain s’autorise tous les possibles.
Le 600 mètres/pièges est particulièrement écœurant où chaque détail des mutilations subies par les athlètes retourne légèrement l’estomac. À ne pas lire après manger. Film d’horreur sur papier. Cruauté affichée. Sans doute pour lecteurs avertis. Entre l’Ukraine et la Palestine, j’avoue avoir fait le plein de saloperies. En lire à la veille de l’ouverture de Paris 2024, pourquoi pas ? Après tout ce n’est que de la littérature. Mais je préfère le Pelot de C’est ainsi que les hommes vivent

Annabelle Hautecontre

Pierre Pelot, La guerre olympique, Folio, mai 2024, 352 p.-, 9,40€

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