Durations de Christian Hubin

La vision du son relève chez Christian Hubin d’un constat. Il bat en brèche toute quête, vaine par essence. Mais le poète plonge dans ce qui gît au plus profond du son : il est moins la matière du plus abstrait des arts que ce qui brûle de ne pas pouvoir hurler.
Le poète en propose superbe réverbération. Le son devient une source qui permet de glisser vers une destination sans fléchage. Hubin s’y fait poreux et évite de chercher dans la ténuité de l’impalpable la prétendue insoutenable légèreté de l’être.
C’est là sa plus grande qualité et la profondeur d’un tel voyage au sein des durations prises souvent et maladroitement pour de l’ineffable. S’y produit un métalangage, une relation très spéciale, précisément très spéciale, moindre, intimement, pas plus, bien partie pour l’inexistence comme pour zéro l’infini. (Beckett).

Jean Paul Gavard-Perret

Christian Hubin, Face du son, L’Étoile des Limites, janvier 2023, 56 p.-, 11€

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