Portrait de Charlotte Rita en Sainte

L’auteure mélange des chants de la torpeur à ceux des étoiles sous les flammes. Certes Dieu et Satan s’invitent et se succèdent à son livre – preuve que la poétique baudelairienne demeure. Mais du chemin existentiel plein de rocailles et débris repousse le bien-être
Des voluptés sont promises dès les songes du matin. Parfois un corps espéré s’esquive. Pourtant, De ce frémissement où dort l’éternité/ Toi l’ultime désir/ Tu brûles ma folie. Mais se consomment aussi les pleurs.  Ils renvoient pourtant l’auteure à son propre cinéma intime et merveilleux.
À son film succède un négatif. Le destin ignore certaines surprises mais joies infâmes  comprises. Paradis et enfer montent ou descendent  selon une universelle présence. Mais décrocher la timbale (à savoir de l’amour) vaut encore le coup. Les poèmes tirent en sauvegarde  leurs quenouilles - de nuit comme de jour.
C’est la puissance de la poésie. Elle rappelle qui nous sommes.  De belles princesses détruisent leurs mules de vair avant leurs fiançailles et le bonheur. D’autres croient à la romance voire même sans vieillir.  Mais l’amour en son retour ne transige pas, il reste hors limites pour respirer la joie aux confins de certaines allées. D’où le souhait final : Ô toi perfection sauve-nous de l’enfer. L’auteure a déjà commencé son pari. Elle est, tout compte fait, moins Baudelairienne une Pascalienne.

Jean-Paul Gavard-Perret

Charlotte Rita, Quand la vie… , illustrations de Nicole Durand, préface de Jean-François Blavin, Éditions Constellations, mai 2024, 99 p.-, 12€

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